La chute de l’URSS a fait sortir la dissuasion nucléaire d’une période marquée par sa raison d’être : instaurer une contre-menace indiscutable. Sans l’existence d’une menace nucléaire, les démocraties (et en tout cas, la France et son peuple) sont incapables, et souhaitons-le, le resteront, d’utiliser l’arme nucléaire même défensivement.
Est-ce à dire que la menace nucléaire ne pourrait plus réapparaître ? Certainement pas, il faut donc maintenir la force nucléaire française en état de fonctionner au niveau technique courant, afin de rester dissuasive. Existera-t-il une situation dans un avenir proche (les cinquante prochaines années) dans laquelle l’organisation de monde aura atteint la forme d’un État mondial qui ne pourrait donc plus s’auto-dissuader ? Nous n’en savons rien.
En tant qu’État souverain, il suffit que la France conserve sa force nucléaire indépendante en limitant l’expression de sa doctrine d’emploi à la dissuasion nucléaire ; une force nucléaire qui ne serait plus indépendante (au sens le plus strict que l’on peut donner à ce mot) n’a pas de sens.
Il reste alors à l’Union Européenne, pas à la France, à trouver une perspective européenne à une force de dissuasion nucléaire indépendante. Cette question ne trouvera pas de réponse (et ne sera probablement même pas posée) tant qu’une menace nucléaire sur l’Europe ne sera pas plausible, et si elle se manifestait, tant que le parapluie américain restera crédible pour les Européens. Mais dans l’hypothèse inverse, qu’il nous est interdit d’exclure, l’U.E. découvrirait rapidement l’intérêt que représente l’existence d’une dissuasion nucléaire européenne en état de marche.
La condition non négociable que la France devrait y mettre serait de conserver la maîtrise technique et industrielle de l’arme, en concédant à l’U.E., sous des conditions rigoureuses d’emploi, l’usage de vecteurs. Cela ressemblerait forcément aux accords États-unis/Royaume Uni sur le même sujet.
25.3.09
20.3.09
Londres et le protectionnisme financier
Dans un article du Financial Time du 17 mars intitulé “les régulateurs ne doivent pas trop réguler”[1], on peut lire : « Le problème que de nombreux centres financiers rencontrent est qu’ils ont bénéficié d’un avantage régulatoire relatif. L’ouverture de Londres aux étrangers et l’influence légère de la régulation a rendu possible son rôle de centre international prééminent ».
Un avantage compétitif dû à une application « différente » de règles internationalement admises ressemble fort à une entorse à la concurrence libre et non faussée que les Anglo-Saxon aiment tant voir appliquée par autrui, n’est rien d’autre que ce que l’on peut appeler crûment un comportement protectionniste. Et ce comportement a eu des conséquences considérables, puisque le rédacteur du Financial Time peut lui attribuer la cause de la prééminence financière de Londres.
On comprend mieux l’opposition d’une partie du monde bancaire britannique à l’idée d’une régulation européenne centralisée ; il s’agit de la protection de leur fond de commerce que le renoncement au protectionnisme dépouillerait de ses performances dues au dopage régulatoire davantage qu’à un talent financier finalement très surfait.
Lorsque Gordon Brown attaquait récemment, avec vivacité, le protectionnisme financier en raison de ses dangers, il énonçait certainement un principe qu’il comptait appliquer sans faiblesse au pays qu’il gouverne …
----------------------
[1] Insight: Regulators mustn’t over-regulate By John Plender Published: March 17 2009
The problem that many financial centres nonetheless face is that they have been beneficiaries of relative regulatory advantage. London’s openness to foreigners and light regulatory touch has underpinned its role as the pre-eminent international centre.
Un avantage compétitif dû à une application « différente » de règles internationalement admises ressemble fort à une entorse à la concurrence libre et non faussée que les Anglo-Saxon aiment tant voir appliquée par autrui, n’est rien d’autre que ce que l’on peut appeler crûment un comportement protectionniste. Et ce comportement a eu des conséquences considérables, puisque le rédacteur du Financial Time peut lui attribuer la cause de la prééminence financière de Londres.
On comprend mieux l’opposition d’une partie du monde bancaire britannique à l’idée d’une régulation européenne centralisée ; il s’agit de la protection de leur fond de commerce que le renoncement au protectionnisme dépouillerait de ses performances dues au dopage régulatoire davantage qu’à un talent financier finalement très surfait.
Lorsque Gordon Brown attaquait récemment, avec vivacité, le protectionnisme financier en raison de ses dangers, il énonçait certainement un principe qu’il comptait appliquer sans faiblesse au pays qu’il gouverne …
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[1] Insight: Regulators mustn’t over-regulate By John Plender Published: March 17 2009
The problem that many financial centres nonetheless face is that they have been beneficiaries of relative regulatory advantage. London’s openness to foreigners and light regulatory touch has underpinned its role as the pre-eminent international centre.
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14.3.09
Encore le protectionnisme
Dans notre dernier billet sur le protectionnisme financier nous évoquions les soucis du Premier Ministre britannique qui a du mal à accepter l’idée que son beau libéralisme absolu s’adapte difficilement à la crise.
Les Américains sont en train de faire la même découverte.
En effet, ils n’ont pas encore trouvé la solution permettant de sauver leur système financier, ou, s’ils l’on trouvé, ils n’osent pas le dire, ni l’appliquer. La raison de cette indécision serait l’immensité des pertes à combler devant laquelle leurs célèbres écoles de science économiques, leurs armées de prix Nobel, leurs universités si bien notées par le classement de Shanghai, leurs inépuisables budgets de recherche, en un mot leur puissance inégalée, reste sans voix.
Ils sembleraient avoir découvert les conséquences dérangeantes de ce que nous donnions dans notre billet du 10 mars comme exemple du protectionnisme financier, à savoir l’exportation massive d’actifs financiers toxiques. Il est en effet très dérangeant pour un contribuable américain d’apprendre que l’argent public donné aux banques pour survivre leur sert à payer à des banques étrangères l’argent qu’elles leur doivent. Et cela deviendrait presque drôle quand on sait que ces dettes résultent des actifs toxiques qui leur ont été vendus.
Mais ce qui n’est pas drôle du tout, c’est que cela peut devenir, ou est déjà devenu, un problème politique aux États-unis où on opposera l’intérêt du contribuable, sous-entendu de l’électeur, au capitaliste étranger ; « à un certain point, l’administration Obama devra choisir entre nos créanciers étrangers et les électeurs américains ».
Il n’y a donc pas qu’au Royaume-Uni que l’on a du mal à accepter l’idée que le beau libéralisme absolu s’adapte difficilement à la crise, les États-unis le répudieraient prochainement qu’il ne faudrait pas en être surpris. Les adeptes européens du libéralisme feraient bien de s’adapter aussi, et rapidement.
Les Américains sont en train de faire la même découverte.
En effet, ils n’ont pas encore trouvé la solution permettant de sauver leur système financier, ou, s’ils l’on trouvé, ils n’osent pas le dire, ni l’appliquer. La raison de cette indécision serait l’immensité des pertes à combler devant laquelle leurs célèbres écoles de science économiques, leurs armées de prix Nobel, leurs universités si bien notées par le classement de Shanghai, leurs inépuisables budgets de recherche, en un mot leur puissance inégalée, reste sans voix.
Ils sembleraient avoir découvert les conséquences dérangeantes de ce que nous donnions dans notre billet du 10 mars comme exemple du protectionnisme financier, à savoir l’exportation massive d’actifs financiers toxiques. Il est en effet très dérangeant pour un contribuable américain d’apprendre que l’argent public donné aux banques pour survivre leur sert à payer à des banques étrangères l’argent qu’elles leur doivent. Et cela deviendrait presque drôle quand on sait que ces dettes résultent des actifs toxiques qui leur ont été vendus.
Mais ce qui n’est pas drôle du tout, c’est que cela peut devenir, ou est déjà devenu, un problème politique aux États-unis où on opposera l’intérêt du contribuable, sous-entendu de l’électeur, au capitaliste étranger ; « à un certain point, l’administration Obama devra choisir entre nos créanciers étrangers et les électeurs américains ».
Il n’y a donc pas qu’au Royaume-Uni que l’on a du mal à accepter l’idée que le beau libéralisme absolu s’adapte difficilement à la crise, les États-unis le répudieraient prochainement qu’il ne faudrait pas en être surpris. Les adeptes européens du libéralisme feraient bien de s’adapter aussi, et rapidement.
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10.3.09
Protectionnisme financier
On ne pouvait pas y échapper ; un des princes de la mondialisation heureuse (en l’occurrence le Premier Ministre Brown cité par The Independant) inquiet, à juste titre, de la fuite des capitaux de la City, causée par le besoin des banques étrangères établies au Royaume-Uni de rapatrier massivement des capitaux, partiellement compensée par les mouvements inverses des banques anglaises, nous avertit, sans rire, des dangers du protectionnisme financier.
Étrange et imprudente audace … C’est encore plus étonnant que la critique des consommateurs qui, inquiets, restreignent leur consommation pour constituer une épargne de précaution afin de ne pas tomber à la charge de la société quand les risques probables se réaliseront. Dans le cas des banques en effet, qualifier des actions légitimes (après tout, les capitaux rapatriés par les banques leur appartiennent ou à leurs déposants, elles n’en ont pas fait cadeau aux Rosbifs, et ces derniers ne les ont pas prévenues que tout dépôt chez eux était fait pour l’éternité) de protectionnisme alors que la mondialisation repose sur la liberté de mouvement de tout ce qui peut bouger et en particulier les capitaux, cela est d’une rare hypocrisie, surtout exprimé par ceux qui se vantaient encore hier d’être les parangons de la finance dont on sait qu’elle repose sur la confiance.
Peut-être bien que des contradictions soigneusement dissimulées jusqu’alors vont commencer à faire surface. Par exemple, l’exportation massive d’actifs financiers toxiques dans un emballage trompeur n’est-elle pas un acte de protectionnisme financier bien pire que le rapatriement de capitaux, puisque de nature à détruire les concurrents au moyen d’objets financiers conçus sinon dans ce but (encore que …) mais avec cette capacité ?
Il faut bien reconnaître que la crise a des aspects douloureux pour celui qui se croit encore le maître du centre financier le plus important du monde. L’argent du monde n’a plus confiance en lui ; les sous à la recherche d’asile vont aux États-unis ou en Suisse, pas sur les terres de sa Gracieuse Majesté ; je ne suis pas sûr que la crainte du protectionnisme financier suffise à les faire retourner à Londres …
Étrange et imprudente audace … C’est encore plus étonnant que la critique des consommateurs qui, inquiets, restreignent leur consommation pour constituer une épargne de précaution afin de ne pas tomber à la charge de la société quand les risques probables se réaliseront. Dans le cas des banques en effet, qualifier des actions légitimes (après tout, les capitaux rapatriés par les banques leur appartiennent ou à leurs déposants, elles n’en ont pas fait cadeau aux Rosbifs, et ces derniers ne les ont pas prévenues que tout dépôt chez eux était fait pour l’éternité) de protectionnisme alors que la mondialisation repose sur la liberté de mouvement de tout ce qui peut bouger et en particulier les capitaux, cela est d’une rare hypocrisie, surtout exprimé par ceux qui se vantaient encore hier d’être les parangons de la finance dont on sait qu’elle repose sur la confiance.
Peut-être bien que des contradictions soigneusement dissimulées jusqu’alors vont commencer à faire surface. Par exemple, l’exportation massive d’actifs financiers toxiques dans un emballage trompeur n’est-elle pas un acte de protectionnisme financier bien pire que le rapatriement de capitaux, puisque de nature à détruire les concurrents au moyen d’objets financiers conçus sinon dans ce but (encore que …) mais avec cette capacité ?
Il faut bien reconnaître que la crise a des aspects douloureux pour celui qui se croit encore le maître du centre financier le plus important du monde. L’argent du monde n’a plus confiance en lui ; les sous à la recherche d’asile vont aux États-unis ou en Suisse, pas sur les terres de sa Gracieuse Majesté ; je ne suis pas sûr que la crainte du protectionnisme financier suffise à les faire retourner à Londres …
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8.3.09
Des exemples à ne pas (toujours) suivre
La fascination pour les États-unis, caractère souvent sympathique et parfois justifié, s’applique regrettablement trop souvent à tout, ce qui est évidemment trop et nuit forcément à l’exercice d’un jugement sain sur les sujets importants.
C’est ainsi que la critique, elle aussi justifiée, de nos organes d’information nous pousse à croire à la vertu permanente de la presse américaine. Et le 8 mars, Paul Krugman dans son blog relève que sur deux sujets majeurs, et potentiellement désastreux, l’invasion de l’Iraq et la dimension du plan de relance d’Obama, tout s’était passé comme si la presse américaine s’interdisait de permettre à l’opposition de s’exprimer. Il y a là une manifestation spectaculaire du refus spontané d’appliquer la liberté d’expression (garantie par le célèbre Premier Amendement de la Constitution des États-unis) à tous ceux qui voulaient critiquer ces projets quand cela risque de heurter un consensus patriotique. Cela écorne un peu l’image d’une presse libre, efficace et courageuse que l’on a attribuée à l’Amérique, et l’on aimerait tant pouvoir donner à notre presse aussi.
Cette fascination s’exprime souvent par l’usage d’une formule trop générale comme : La France (ou l’Europe, ou le reste du monde) est très en retard sur les États-Unis ; c’est vrai dans beaucoup de domaines, mais pas dans tous, loin s’en faut, et non des moindres.
De même, il ne faut certes pas se priver de critiquer le plan de relance du gouvernement, mais l’argument consistant à dire qu’il n’est pas bon parce qu’il représente un pourcentage du PIB inférieur au plan américain est véritablement stupide ; personne ne sait quelle est l’ampleur réelle de la crise, ni aux États-unis ni en France, et, le saurait-on, les deux situations ne sont pas identiques, rien ne permet donc ni de les comparer, ni de noter un plan mieux que l’autre. Par ailleurs, l’idée selon laquelle plus une dépense est énorme plus elle est utile est une fiction dramatique aussi néfaste que de juger que la détention en prison d’un pour mille de la population française constitue un « retard » par rapport à la détention de 5 pour mille de la population américaine.
On observe également une tendance à croire que l’imitation servile de ce qui a réussi aux États-unis (sans que les résultats réels complets nous soient toujours accessibles) résoudra nos problèmes d’innovation, de productivité, de compétitivité, de croissance, ce qui présente plusieurs inconvénients sérieux : il y a peu de chance que les conditions prévalant aujourd’hui chez nous soient identiques à celles qui ont permis le succès chez eux, et les efforts entrepris pour l’imitation se font au détriment de l’analyse et de la solution de nos vrais problèmes actuels. Fallait-il imiter les américains pour créer une industrie de l’aviation, ou des lanceurs spatiaux, ou des satellites?
C’est ainsi que la critique, elle aussi justifiée, de nos organes d’information nous pousse à croire à la vertu permanente de la presse américaine. Et le 8 mars, Paul Krugman dans son blog relève que sur deux sujets majeurs, et potentiellement désastreux, l’invasion de l’Iraq et la dimension du plan de relance d’Obama, tout s’était passé comme si la presse américaine s’interdisait de permettre à l’opposition de s’exprimer. Il y a là une manifestation spectaculaire du refus spontané d’appliquer la liberté d’expression (garantie par le célèbre Premier Amendement de la Constitution des États-unis) à tous ceux qui voulaient critiquer ces projets quand cela risque de heurter un consensus patriotique. Cela écorne un peu l’image d’une presse libre, efficace et courageuse que l’on a attribuée à l’Amérique, et l’on aimerait tant pouvoir donner à notre presse aussi.
Cette fascination s’exprime souvent par l’usage d’une formule trop générale comme : La France (ou l’Europe, ou le reste du monde) est très en retard sur les États-Unis ; c’est vrai dans beaucoup de domaines, mais pas dans tous, loin s’en faut, et non des moindres.
De même, il ne faut certes pas se priver de critiquer le plan de relance du gouvernement, mais l’argument consistant à dire qu’il n’est pas bon parce qu’il représente un pourcentage du PIB inférieur au plan américain est véritablement stupide ; personne ne sait quelle est l’ampleur réelle de la crise, ni aux États-unis ni en France, et, le saurait-on, les deux situations ne sont pas identiques, rien ne permet donc ni de les comparer, ni de noter un plan mieux que l’autre. Par ailleurs, l’idée selon laquelle plus une dépense est énorme plus elle est utile est une fiction dramatique aussi néfaste que de juger que la détention en prison d’un pour mille de la population française constitue un « retard » par rapport à la détention de 5 pour mille de la population américaine.
On observe également une tendance à croire que l’imitation servile de ce qui a réussi aux États-unis (sans que les résultats réels complets nous soient toujours accessibles) résoudra nos problèmes d’innovation, de productivité, de compétitivité, de croissance, ce qui présente plusieurs inconvénients sérieux : il y a peu de chance que les conditions prévalant aujourd’hui chez nous soient identiques à celles qui ont permis le succès chez eux, et les efforts entrepris pour l’imitation se font au détriment de l’analyse et de la solution de nos vrais problèmes actuels. Fallait-il imiter les américains pour créer une industrie de l’aviation, ou des lanceurs spatiaux, ou des satellites?
4.3.09
Sécurité, liquidité, rendement
Ce sont, par ordre d’importance, les trois qualités recherchées par la Banque Centrale de Chine pour ses réserves. Il y a tout lieu de penser que la même politique est suivie dans les autres banques centrales (qui s’expriment rarement sur le sujet alors que la Banque de Chine l’a fait).
Le rendement
Il n’a pas toujours été recherché, ni même possible : l’or ne verse pas de coupon annuel. Et quand les monnaies-papier ont commencé à rejoindre l’or dans les réserves, leur conversion en emprunts de l’État émettant la monnaie a fait perdre à l’or une part de son attrait. Alors certaines banques centrales ont commencé à louer leur stock d’or aux mines (pour qu’elles puissent vendre à terme leur production future) moyennant un petit loyer. Et comme ce loyer ne valait pas un bon coupon d’intérêt, elles ont entrepris de vendre sur le marché une partie de leur stock, ce qui, après les ventes à terme, a sérieusement troublé le marché de l’or pendant plusieurs années (elles continuent d’ailleurs un programme de vente d’or volontairement limité à environ 500 tonnes par an).
Un marché liquide et profond
Cette qualité est plus importante que le rendement ; le propre des réserves est en effet de pouvoir être mobilisées à tout moment et pour toute quantité.
La sécurité
Pour une monnaie de réserve, la sécurité revêt deux aspects : en tant que reflet d’une économie, la monnaie est aussi solide que cette économie qui la garantit ; et en tant qu’instrument sous la protection d’un État, sa sécurité est assurée par cet État, ses institutions et, en dernier ressort, sa puissance militaire.
Ce qui est vrai pour les banques centrales l’est aussi pour les acteurs de l’économie, à cette différence près, que, pour ces derniers, l’ordre d’importance des trois qualités varie selon la situation politico-économique du moment ; en période calme le rendement prend la première place, et la sécurité le remplace dès que les troubles apparaissent. C’est ainsi que l’on voit le dollar monter à l’occasion d’une crise mondiale, alors même que son économie et sa finance se portent aussi mal, sinon plus mal que celles de l’Europe simplement parce qu’aucun autre pays n’est plus puissamment protégé contre n’importe quelle agression.
L’U.E. ne peut évidemment en dire autant ; et tant que la défense européenne n’existera pas, le dollar conservera sa prééminence.
Le rendement
Il n’a pas toujours été recherché, ni même possible : l’or ne verse pas de coupon annuel. Et quand les monnaies-papier ont commencé à rejoindre l’or dans les réserves, leur conversion en emprunts de l’État émettant la monnaie a fait perdre à l’or une part de son attrait. Alors certaines banques centrales ont commencé à louer leur stock d’or aux mines (pour qu’elles puissent vendre à terme leur production future) moyennant un petit loyer. Et comme ce loyer ne valait pas un bon coupon d’intérêt, elles ont entrepris de vendre sur le marché une partie de leur stock, ce qui, après les ventes à terme, a sérieusement troublé le marché de l’or pendant plusieurs années (elles continuent d’ailleurs un programme de vente d’or volontairement limité à environ 500 tonnes par an).
Un marché liquide et profond
Cette qualité est plus importante que le rendement ; le propre des réserves est en effet de pouvoir être mobilisées à tout moment et pour toute quantité.
La sécurité
Pour une monnaie de réserve, la sécurité revêt deux aspects : en tant que reflet d’une économie, la monnaie est aussi solide que cette économie qui la garantit ; et en tant qu’instrument sous la protection d’un État, sa sécurité est assurée par cet État, ses institutions et, en dernier ressort, sa puissance militaire.
Ce qui est vrai pour les banques centrales l’est aussi pour les acteurs de l’économie, à cette différence près, que, pour ces derniers, l’ordre d’importance des trois qualités varie selon la situation politico-économique du moment ; en période calme le rendement prend la première place, et la sécurité le remplace dès que les troubles apparaissent. C’est ainsi que l’on voit le dollar monter à l’occasion d’une crise mondiale, alors même que son économie et sa finance se portent aussi mal, sinon plus mal que celles de l’Europe simplement parce qu’aucun autre pays n’est plus puissamment protégé contre n’importe quelle agression.
L’U.E. ne peut évidemment en dire autant ; et tant que la défense européenne n’existera pas, le dollar conservera sa prééminence.
28.2.09
L’économie : une science pleine d’avenir
Le pire pour un jeune savant c’est d’avoir choisi une science qui n’a plus grand-chose à découvrir ; les places vont être horriblement chères et seront ramassées par les mandarins d’âge canonique, voire de cinquante ans et plus.
Heureusement, l’économie est une science toute neuve ; on cite encore tous les jours Adam Smith (avec un nom pareil c’est forcément la métaphore du Premier Économiste Inconnu qui a eu le grand tort de faire croire aux économistes qu’ils pouvaient voir des choses invisibles), et le comble de la culture économique consiste à évoquer un brillant trader qui avait entrepris, entre les deux guerres, de faire tourner en bourrique les smithsonniens[1]. Il y a donc une place énorme à prendre pour les étudiants en économie pleins d’avenir comme Fitoussi et ses pareils.
Parmi les domaines de recherche qui viennent immédiatement à l’esprit, parce qu’ils sont absolument vierges d’une part, et parce qu’il serait fort utile qu’ils ne le fussent point d’autre part, on trouve : la prévision des crises en général et même des crises financières, si c’est possible ; la solution des crises (problème qui se pose surtout quand la prévision d’icelles a foiré grave) ; le perfectionnement du théorème de non faillite des États par le corollaire du « quoique l’augmentation des taux d’intérêts des emprunts souverains résultant de la dégradation de la note de solvabilité, c’est kifkif » ; l’amélioration urgente du postulat sur l’utilité des plans de relance quand on ignore à quel stade de la crise on se trouve ; et la révision de concepts d’application ardue en période de crise, tels que la concurrence, la mondialisation, la non résorption des déficits et ses conséquences, etc.
Merci d’avance aux étudiants pleins d’avenir de leur contribution à la solution de nos problèmes.
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[1] On connaît l’anecdote attribuée à Churchill : quand je demande un avis à 10 économistes, j’en reçoit onze car Keynes en envoie deux.
Heureusement, l’économie est une science toute neuve ; on cite encore tous les jours Adam Smith (avec un nom pareil c’est forcément la métaphore du Premier Économiste Inconnu qui a eu le grand tort de faire croire aux économistes qu’ils pouvaient voir des choses invisibles), et le comble de la culture économique consiste à évoquer un brillant trader qui avait entrepris, entre les deux guerres, de faire tourner en bourrique les smithsonniens[1]. Il y a donc une place énorme à prendre pour les étudiants en économie pleins d’avenir comme Fitoussi et ses pareils.
Parmi les domaines de recherche qui viennent immédiatement à l’esprit, parce qu’ils sont absolument vierges d’une part, et parce qu’il serait fort utile qu’ils ne le fussent point d’autre part, on trouve : la prévision des crises en général et même des crises financières, si c’est possible ; la solution des crises (problème qui se pose surtout quand la prévision d’icelles a foiré grave) ; le perfectionnement du théorème de non faillite des États par le corollaire du « quoique l’augmentation des taux d’intérêts des emprunts souverains résultant de la dégradation de la note de solvabilité, c’est kifkif » ; l’amélioration urgente du postulat sur l’utilité des plans de relance quand on ignore à quel stade de la crise on se trouve ; et la révision de concepts d’application ardue en période de crise, tels que la concurrence, la mondialisation, la non résorption des déficits et ses conséquences, etc.
Merci d’avance aux étudiants pleins d’avenir de leur contribution à la solution de nos problèmes.
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[1] On connaît l’anecdote attribuée à Churchill : quand je demande un avis à 10 économistes, j’en reçoit onze car Keynes en envoie deux.
26.2.09
La FED précise sa doctrine sur l’inflation[1]
- La FED cherche à améliorer l’information au public transmise par les prévisions trimestrielles.
- Il y a trois variables économiques essentielles : le taux de croissance du PNB, le taux de chômage et le taux d’inflation.
- Interprétation du taux d’inflation à long terme : c’est le taux d’inflation consistant avec les « double mandat »[2], c’est è dire le taux d’inflation qui sert le mieux l’emploi maximum soutenable tout en permettant une stabilité des prix raisonnable.
- Une plus grande clarté sur le sens que donne le Comité du Marché Monétaire Fédéral (FOMC) à l’inflation à long terme doit aider à mieux stabiliser les attentes du public en matière d’inflation, pour contribuer ainsi à empêcher l’inflation réelle de monter trop haut ou de tomber trop bas.
Par le premier point, la FED affirme, que la politique monétaire dépend aussi de l’information donnée au public.
Par le second point, elle donne à l’inflation le même rang en importance que la croissance et l’emploi.
Par le troisième point, elle reconnaît que l’on ne pourrait atteindre les objectifs du double mandat en ignorant l’inflation.
Par le quatrième point, elle s’aligne sur la Banque d’Angleterre qui affirme qu’une inflation trop faible est aussi néfaste que si elle est trop forte, et sur la BCE qui applique ce principe.
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[1] Chairman Ben S. BernankeSemiannual Monetary Policy Report to the CongressBefore the Committee on Banking, Housing and Urban Affairs, U.S. Senate, Washington, D.C.February 24, 2009
[2] Maintenir la croissance à long terme de la monnaie et du crédit proportionnée au potentiel d’augmentation de la production, de manière à promouvoir efficacement les buts d’emploi maximum, de prix stables, et d’intérêts à long terme modérés.
- Il y a trois variables économiques essentielles : le taux de croissance du PNB, le taux de chômage et le taux d’inflation.
- Interprétation du taux d’inflation à long terme : c’est le taux d’inflation consistant avec les « double mandat »[2], c’est è dire le taux d’inflation qui sert le mieux l’emploi maximum soutenable tout en permettant une stabilité des prix raisonnable.
- Une plus grande clarté sur le sens que donne le Comité du Marché Monétaire Fédéral (FOMC) à l’inflation à long terme doit aider à mieux stabiliser les attentes du public en matière d’inflation, pour contribuer ainsi à empêcher l’inflation réelle de monter trop haut ou de tomber trop bas.
Par le premier point, la FED affirme, que la politique monétaire dépend aussi de l’information donnée au public.
Par le second point, elle donne à l’inflation le même rang en importance que la croissance et l’emploi.
Par le troisième point, elle reconnaît que l’on ne pourrait atteindre les objectifs du double mandat en ignorant l’inflation.
Par le quatrième point, elle s’aligne sur la Banque d’Angleterre qui affirme qu’une inflation trop faible est aussi néfaste que si elle est trop forte, et sur la BCE qui applique ce principe.
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[1] Chairman Ben S. BernankeSemiannual Monetary Policy Report to the CongressBefore the Committee on Banking, Housing and Urban Affairs, U.S. Senate, Washington, D.C.February 24, 2009
[2] Maintenir la croissance à long terme de la monnaie et du crédit proportionnée au potentiel d’augmentation de la production, de manière à promouvoir efficacement les buts d’emploi maximum, de prix stables, et d’intérêts à long terme modérés.
23.2.09
Souvent peuple varie …
La critique populaire sur la Banque Centrale Européenne a longtemps porté sur sa politique de taux d’intérêt qui les maintenait à un niveau destiné à lutter contre l’inflation, mais soutenant ainsi le cours de l’euro au détriment de la compétitivité européenne et de la croissance économique.
Cette critique, résultant d’une comparaison superficielle entre les politiques de la Fed et de la BCE, ne tenait pas compte de la différence de leurs situations respective, au service d’une politique économique fédérale d’un côté et de seize politiques nationales de l’autre, différence qui suffisait à justifier la moindre amplitude des variations de leur taux ; par contre, une observation attentive de la courbe de leurs taux montrait un parallélisme parfait entre les deux politiques, chacune montant pour lutter contre l’inflation (ou pour soutenir le cours de la monnaie) et baissant pour soutenir la croissance (ou faire baisser le cours de la monnaie) aux mêmes périodes et pendant les mêmes durées.
Par ailleurs, la Fed semble résolue à adopter la pratique partagée par la Banque d’Angleterre et la BCE de publier un objectif d’inflation (actuellement entre 1.7 et 2% pour la FED et 2% pour la Bd’A et la BCE).
Ayant été ainsi réunies par certains aspects de leurs politiques monétaires, les grandes banques centrales découvrent que ce n’est pas pour le meilleur mais pour la pire des critiques, celle que l’on n’attendait pas : le Financial Times du 22/02/2009 dans un article intitulé « les banques centrales descendues en flamme pour la crise »[1] rend compte des résultats d’un sondage demandant qui porte la plus grande responsabilité sur la crise financière ; 80% répondent les banques d’investissement, ce qui est assez mérité, et 70% les banques centrales, toutes sur le même plan (Fed, BCE et Bd’A). Et la raison en serait que l’opinion attribue, non sans raisons, la cause principale de la crise à la distribution de crédits sans contrôle et sans limites, rendue possible par les TAUX D’INTERET TROP BAS !
Je supplie le Grand Prêtre du temple francfortois de l’Euro de pardonner aux mécréants qui n’ont pas cru en sa sagesse, et lui suggère, par humanité, de réduire leur peine à quelques années dans les sous-sols du temple, à envelopper des rouleaux de pièces (les centimes, c’est plus dur…).
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[1] http://www.ft.com/cms/s/0/aee71338-0106-11de-8f6e-000077b07658.html
Cette critique, résultant d’une comparaison superficielle entre les politiques de la Fed et de la BCE, ne tenait pas compte de la différence de leurs situations respective, au service d’une politique économique fédérale d’un côté et de seize politiques nationales de l’autre, différence qui suffisait à justifier la moindre amplitude des variations de leur taux ; par contre, une observation attentive de la courbe de leurs taux montrait un parallélisme parfait entre les deux politiques, chacune montant pour lutter contre l’inflation (ou pour soutenir le cours de la monnaie) et baissant pour soutenir la croissance (ou faire baisser le cours de la monnaie) aux mêmes périodes et pendant les mêmes durées.
Par ailleurs, la Fed semble résolue à adopter la pratique partagée par la Banque d’Angleterre et la BCE de publier un objectif d’inflation (actuellement entre 1.7 et 2% pour la FED et 2% pour la Bd’A et la BCE).
Ayant été ainsi réunies par certains aspects de leurs politiques monétaires, les grandes banques centrales découvrent que ce n’est pas pour le meilleur mais pour la pire des critiques, celle que l’on n’attendait pas : le Financial Times du 22/02/2009 dans un article intitulé « les banques centrales descendues en flamme pour la crise »[1] rend compte des résultats d’un sondage demandant qui porte la plus grande responsabilité sur la crise financière ; 80% répondent les banques d’investissement, ce qui est assez mérité, et 70% les banques centrales, toutes sur le même plan (Fed, BCE et Bd’A). Et la raison en serait que l’opinion attribue, non sans raisons, la cause principale de la crise à la distribution de crédits sans contrôle et sans limites, rendue possible par les TAUX D’INTERET TROP BAS !
Je supplie le Grand Prêtre du temple francfortois de l’Euro de pardonner aux mécréants qui n’ont pas cru en sa sagesse, et lui suggère, par humanité, de réduire leur peine à quelques années dans les sous-sols du temple, à envelopper des rouleaux de pièces (les centimes, c’est plus dur…).
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[1] http://www.ft.com/cms/s/0/aee71338-0106-11de-8f6e-000077b07658.html
25.1.09
Contrôler les produits risqués proposés aux épargnants[1].
En voilà une bonne idée de Madame Lagarde ! Cela ne peut qu’être utile, mais on a entendu parler d’autres produits risqués qui auraient été proposés, non à de modestes épargnants, mais à la crème de l’élite financière dont la naïveté est bien connue, c’est même pour cette sympathique qualité qu’on la recrute, et qui succombe facilement aux démonstrations de tous le bonimenteurs de la planète.
Comment protéger la bonne foi de ces humanistes pour éviter ce qui ressemble fort à la destruction complète du système circulatoire d’un être vivant, le système bancaire mondial, et, par voie de conséquence, de l’organisme lui-même c’est-à-dire l’économie, le tout évidemment aux frais (et aux souffrances, peut-on ajouter sans dramatiser) du peuple ?
La réponse à cette opportune question est simple : il faut contrôler les produits risqués proposés à quiconque (pas seulement ceux proposés aux épargnants), en s’assurant toutefois au préalable que le contrôleur des dits produits n’appartient pas à la même famille de pensée que la crème de l’élite financière, et aussi que celui qui serait chargé de coller l’étiquette « produit risqué » dispose bien du stock nécessaire d’étiquettes.
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[1] http://www.lefigaro.fr/patrimoine/2009/01/19/05001-20090119ARTFIG00609-vers-des-controles-accrus-sur-les-produits-financiers-.php
Comment protéger la bonne foi de ces humanistes pour éviter ce qui ressemble fort à la destruction complète du système circulatoire d’un être vivant, le système bancaire mondial, et, par voie de conséquence, de l’organisme lui-même c’est-à-dire l’économie, le tout évidemment aux frais (et aux souffrances, peut-on ajouter sans dramatiser) du peuple ?
La réponse à cette opportune question est simple : il faut contrôler les produits risqués proposés à quiconque (pas seulement ceux proposés aux épargnants), en s’assurant toutefois au préalable que le contrôleur des dits produits n’appartient pas à la même famille de pensée que la crème de l’élite financière, et aussi que celui qui serait chargé de coller l’étiquette « produit risqué » dispose bien du stock nécessaire d’étiquettes.
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[1] http://www.lefigaro.fr/patrimoine/2009/01/19/05001-20090119ARTFIG00609-vers-des-controles-accrus-sur-les-produits-financiers-.php
18.1.09
Le marché ne parie pas, il répond à des demandes
En observant qu’après l’annonce de tous les plans de relance de l’économie et de soutient des banques les marchés « parient sur l’explosion de la zone euro » en raison de la détérioration des conditions de crédit faites aux pays les moins bien notés, la presse (Jean Quatremer de Libération le 16/01/2009) tire des conclusions spectaculaires et probablement fausses, pour des raisons simples.
Les conditions qui se sont appliquées pays par pays en 2008 l’étaient en raison des volumes empruntés par chaque pays ; ces volumes augmentent considérablement en 2009 (le montant des besoins de financement de la France passera de 141.7 à 191.7 milliards d’euros soit une augmentation de plus d’un tiers). Il va donc être nécessaire de convaincre plus de prêteurs que l’année précédente de souscrire à nos emprunts. Comment fait-on pour convaincre des gens de changer l’usage qu’ils faisaient jusqu’alors de leurs sous ? Tout simplement en leur offrant un meilleur rendement, ou en acceptant leur exigence d’un intérêt plus élevé ; évidemment, voyant cela les prêteurs précédents vont exiger le nouveau taux, ce qui est bien normal. Ce n’est donc pas le marché qui a changé de point de vue sur la zone euro, car les nouveaux prêteurs sollicités en 2009 étaient très certainement du même avis l’an passé, c’est l’emprunteur qui a changé son approche du marché en demandant beaucoup plus.
Et franchement, que les Grecs doivent payer 5.34% quand il n’est demandé aux Allemands que 2.9%, cela vous semble scandaleux ? Le scandale ne serait-il pas plutôt que les Grecs bénéficie du même taux que les Allemands, ce que souhaitent certains, toujours prompts à faire supporter aux fourmis les folies des cigales.
Les conditions qui se sont appliquées pays par pays en 2008 l’étaient en raison des volumes empruntés par chaque pays ; ces volumes augmentent considérablement en 2009 (le montant des besoins de financement de la France passera de 141.7 à 191.7 milliards d’euros soit une augmentation de plus d’un tiers). Il va donc être nécessaire de convaincre plus de prêteurs que l’année précédente de souscrire à nos emprunts. Comment fait-on pour convaincre des gens de changer l’usage qu’ils faisaient jusqu’alors de leurs sous ? Tout simplement en leur offrant un meilleur rendement, ou en acceptant leur exigence d’un intérêt plus élevé ; évidemment, voyant cela les prêteurs précédents vont exiger le nouveau taux, ce qui est bien normal. Ce n’est donc pas le marché qui a changé de point de vue sur la zone euro, car les nouveaux prêteurs sollicités en 2009 étaient très certainement du même avis l’an passé, c’est l’emprunteur qui a changé son approche du marché en demandant beaucoup plus.
Et franchement, que les Grecs doivent payer 5.34% quand il n’est demandé aux Allemands que 2.9%, cela vous semble scandaleux ? Le scandale ne serait-il pas plutôt que les Grecs bénéficie du même taux que les Allemands, ce que souhaitent certains, toujours prompts à faire supporter aux fourmis les folies des cigales.
10.1.09
Financer les dividendes par des emprunts
« Quoting the Crisis »[1] nous a encore déniché une information fascinante[2] sur une innovation appliquée dans les années 2004 à 2006 au financement des sommes versées aux actionnaires, pratiquement dans une bonne partie de l’univers de l’american business way (les entreprises de l’indice S.&P.500). Comme chacun sait, ces sommes comprennent les dividendes et les rachats d’actions en bourse. Pendant la période en question et pour les 500 entreprises de l’indice, les dividendes se sont élevés à 900 milliards de dollars et les rachats d’actions à 1700 milliards, soit au total à 2600 milliards, alors que les bénéfices nets de ces mêmes sociétés ne dépassaient pas 2400 milliards de dollars.
Il y a donc eu, au cours de cette période, au moins 200 milliards de dollars (et probablement beaucoup plus car on peut espérer qu’un échantillon de dirigeants sains survivait encore à cette époque), ont été empruntés pour être versés aux actionnaires, technique étonnante[3] qui n’apparaissait jusqu’alors dans aucun manuel des fameuses business schools locales.
Vient évidemment à l’esprit une question sur les conditions auxquelles ces prêts ont été consentis. Si par malheur ces conditions ressemblaient, peu ou prou, à celles qui étaient, au même moment, consenties pour les prêts subprimes, AMR (taux hypothécaire variable) ou autre, les entreprises concernées doivent envisager de sérieuses difficultés lors du renouvellement de ces crédits.
Finalement, la crise économique américaine ne se limitera sans doute pas à l’immobilier, à la finance, et à toutes les activités indirectement entraînées, mais aussi à celle qui auraient pu y échapper mais s’y seront conduites toutes seules.
Incidemment, on attend avec le plus vif intérêt que l’argument selon lequel la crise économique mondiale étendant actuellement ses ravages (dont nous sommes incapables de mesurer ni la durée, ni l’étendue), ne retire rien au mérite de la croissance supplémentaire qu’ont entraîné les folies des financiers, soit soutenu par quelques chiffres, et aussi quelques soustractions déduisant les grandes pertes réelles du présent des bénéfices du passé. Sans l’évaluation de ce solde, l’argument n’est pas présentable, et le sera de moins en moins, au fur et à mesure de l’apparition des conséquences de la crise.
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[1] http://quotingthecrisis.tumblr.com/
[2] http://www.nytimes.com/2009/01/09/business/09norris.html?_r=1&ref=business
[3] Le rachat de ses propres action par une société suppose A. qu’elle a un excédent de trésorerie, et B. qu’elle n’a aucun projet d’investissement présentant le moindre intérêt
Il y a donc eu, au cours de cette période, au moins 200 milliards de dollars (et probablement beaucoup plus car on peut espérer qu’un échantillon de dirigeants sains survivait encore à cette époque), ont été empruntés pour être versés aux actionnaires, technique étonnante[3] qui n’apparaissait jusqu’alors dans aucun manuel des fameuses business schools locales.
Vient évidemment à l’esprit une question sur les conditions auxquelles ces prêts ont été consentis. Si par malheur ces conditions ressemblaient, peu ou prou, à celles qui étaient, au même moment, consenties pour les prêts subprimes, AMR (taux hypothécaire variable) ou autre, les entreprises concernées doivent envisager de sérieuses difficultés lors du renouvellement de ces crédits.
Finalement, la crise économique américaine ne se limitera sans doute pas à l’immobilier, à la finance, et à toutes les activités indirectement entraînées, mais aussi à celle qui auraient pu y échapper mais s’y seront conduites toutes seules.
Incidemment, on attend avec le plus vif intérêt que l’argument selon lequel la crise économique mondiale étendant actuellement ses ravages (dont nous sommes incapables de mesurer ni la durée, ni l’étendue), ne retire rien au mérite de la croissance supplémentaire qu’ont entraîné les folies des financiers, soit soutenu par quelques chiffres, et aussi quelques soustractions déduisant les grandes pertes réelles du présent des bénéfices du passé. Sans l’évaluation de ce solde, l’argument n’est pas présentable, et le sera de moins en moins, au fur et à mesure de l’apparition des conséquences de la crise.
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[1] http://quotingthecrisis.tumblr.com/
[2] http://www.nytimes.com/2009/01/09/business/09norris.html?_r=1&ref=business
[3] Le rachat de ses propres action par une société suppose A. qu’elle a un excédent de trésorerie, et B. qu’elle n’a aucun projet d’investissement présentant le moindre intérêt
8.1.09
Que les élections européennes soient l’occasion ...
Nous parlions le 23/12/2008 dans notre note intitulée « La Commission, la concurrence et l’électricité » de l’application idéologique des règles de la concurrence libre et non faussée faite par la Commission. Le déroulement normal des saisons, rien de plus normal qu’un froid hivernal en hiver, nous révèle un marché de l’électricité saturé, la France obligée d’importer aux heures de pointes de l’électricité hors de prix produite en Allemagne avec du charbon (vous avez dit taxe carbone ?) ; par ailleurs, notre approvisionnement de gaz est menacé par des querelles de voisinage sur lesquelles nous n’avons pas de prise autre que de payer la facture de l’Ukraine envers la Russie au plus vite. Tout cela dénote des manquements lamentables imputables à des institutions européennes et nationales aux priorités, si elles en ont, inadaptées aux responsabilités essentielles des États. Tout se passe comme si les innombrables difficultés et aléas de l’existence s’abattaient sur des enfants découvrant dans chaque problème un nouveau sujet d’étude que rien ne leur avait permis d’envisager.
Que ne nous a-t-on pas raconté sur la compétence des politiciens professionnels, tellement irremplaçables que la simple limitation des mandats ferait courir d’insupportables risques à la pérennité de la France, de l’Europe et peut-être même du monde. Or ne voilà-t-il pas 27 nations et leurs 450 millions d’habitants qui vont être bientôt privé de chauffage parce que nos représentants nous représentent fort mal et n’imposent pas le simple respect commercial qui nous est dû.
Que les élections européennes soient l’occasion de balayer ces tombereaux d’incompétence !
Que ne nous a-t-on pas raconté sur la compétence des politiciens professionnels, tellement irremplaçables que la simple limitation des mandats ferait courir d’insupportables risques à la pérennité de la France, de l’Europe et peut-être même du monde. Or ne voilà-t-il pas 27 nations et leurs 450 millions d’habitants qui vont être bientôt privé de chauffage parce que nos représentants nous représentent fort mal et n’imposent pas le simple respect commercial qui nous est dû.
Que les élections européennes soient l’occasion de balayer ces tombereaux d’incompétence !
7.1.09
Quelle déflation ? …
La grande crainte aujourd’hui serait la déflation, la baisse de prix générale et durable qui amène les consommateurs et les entreprises à retarder leurs dépenses et leurs investissements dans l’attente de nouvelles baisses de prix, ce décalage aggravant la crise dans un cercle vicieux que rien ne peut arrêter.
D’après les experts, cette baisse générale des prix augmente les taux d’intérêts réels et accroît ainsi le poids de la dette des agents économiques. On fera respectueusement observer aux dits experts qu’ils parlent là de baisse des revenus et non de baisse des prix, ou alors considèrent-ils les prix comme des revenus, c'est-à-dire qu’ils parlent des petits commerçants (espèce en voie de disparition), ou d’agriculteurs dont la production ne risque pas de souffrit d’une longue baisse des prix. Mais dans une société composée en majorité de salariés à revenu quasiment fixe, même une augmentation importante du chômage laissera un nombre considérable de consommateurs avec des revenus inchangés, et le principal souci budgétaire, social et économique, sera de pourvoir aux besoins de ceux qui ont perdu leur emploi, et non d’arrondir le pouvoir d’achat de ceux qui l’ont conservé.
Il n’est pas inutile de faire observer aux experts que si la crise entraîne très naturellement un accroissement de l’épargne de précaution, avant même toute baisse éventuelle des prix, qui résultera en une baisse de la demande globale inévitable, c’est un comportement socialement sain et peu critiquable ; en effet, le désir de se protéger du risque de tomber à la charge de la société en cas de difficulté est normalement à encourager.
La diminution de la demande oblige les entreprises à s’adapter par toutes les voies possibles, y compris la baisse de prix, mais pas seulement, et en vue d’une situation compétitive destinée à s’améliorer pour les meilleures. Par ailleurs, si cette diminution de la demande se porte pour beaucoup sur l’immense domaine du superflu ou de l’inutile, ce qu’il n’est pas interdit de souhaiter (mais c’est évidemment à chacun de le définir), on devrait aussi concevoir une politique anticrise permettant de satisfaire les besoins vitaux de l’ensemble de la population.
Il est certainement possible d’y parvenir car la crainte décrite au début repose, pour l’essentiel, sur un raisonnement apparemment rationnel, mais dangereusement approximatif : la perspective d’une baisse future ne conduit pas toujours à retarder la décision d’achat tant que la perspective de baisse subsiste. En effet la liste des cas ou des circonstances où ce raisonnement ne s’applique pas porte sur des familles de produits très importantes :
- tous les biens de première nécessité
- les biens atteignant un niveau de prix où leur utilité pour l’acquéreur devient indiscutable, voire irrésistible (en particulier sous l’effet du progrès technologique), sans attendre la prochaine baisse
- les biens avec une importante composante matières premières dont le sens des variations de prix est imprévisible
La seule déflation dangereuse est celle qui résulterait de la baisse du prix du travail humain, et cette déflation là est déjà survenue : c’est celle qui a résulté des délocalisations, et elle a effectivement provoqué des ravages dont on souffre encore.
S’il faut démontrer que le raisonnement sur la déflation n’est pas d’application générale, l’exemple des produits technologiques est particulièrement frappant ; à chaque baisse de prix correspond un élargissement de la demande qui provoque une nouvelle baisse, etc. Tout le contraire de l’effet déflation : c’est la baisse qui génère la croissance.
Dans l’autre sens, l’éclatement des bulles entraîne une baisse de prix rapide, souhaitable pour en éliminer les excès, et permettre aux ménages de reprendre les acquisitions (dans le cas du logement), ou aux épargnants de reprendre les investissements (cas des actions), réactions évidemment souhaitables. De même, la destruction des entreprises affaiblies fait partie de la préparation du redémarrage de l’économie.
Tout ceci amène à penser que les programmes de relance de l’économie doivent moins ambitionner un redressement miraculeux avec de l’argent emprunté que l’on distribuerait largement à tous les consommateurs pour alimenter une demande supplémentaire d’importations asiatiques, en leur faisant payer, d’une manière ou d’une autre, l’année suivante, les intérêts de l’emprunt, qu’un programme assurant méticuleusement le nécessaire aux victimes de la crise, et aux autres les aides financières productives soit aux ménages soit aux entreprises leur permettant d’améliorer durablement leur situation.
D’après les experts, cette baisse générale des prix augmente les taux d’intérêts réels et accroît ainsi le poids de la dette des agents économiques. On fera respectueusement observer aux dits experts qu’ils parlent là de baisse des revenus et non de baisse des prix, ou alors considèrent-ils les prix comme des revenus, c'est-à-dire qu’ils parlent des petits commerçants (espèce en voie de disparition), ou d’agriculteurs dont la production ne risque pas de souffrit d’une longue baisse des prix. Mais dans une société composée en majorité de salariés à revenu quasiment fixe, même une augmentation importante du chômage laissera un nombre considérable de consommateurs avec des revenus inchangés, et le principal souci budgétaire, social et économique, sera de pourvoir aux besoins de ceux qui ont perdu leur emploi, et non d’arrondir le pouvoir d’achat de ceux qui l’ont conservé.
Il n’est pas inutile de faire observer aux experts que si la crise entraîne très naturellement un accroissement de l’épargne de précaution, avant même toute baisse éventuelle des prix, qui résultera en une baisse de la demande globale inévitable, c’est un comportement socialement sain et peu critiquable ; en effet, le désir de se protéger du risque de tomber à la charge de la société en cas de difficulté est normalement à encourager.
La diminution de la demande oblige les entreprises à s’adapter par toutes les voies possibles, y compris la baisse de prix, mais pas seulement, et en vue d’une situation compétitive destinée à s’améliorer pour les meilleures. Par ailleurs, si cette diminution de la demande se porte pour beaucoup sur l’immense domaine du superflu ou de l’inutile, ce qu’il n’est pas interdit de souhaiter (mais c’est évidemment à chacun de le définir), on devrait aussi concevoir une politique anticrise permettant de satisfaire les besoins vitaux de l’ensemble de la population.
Il est certainement possible d’y parvenir car la crainte décrite au début repose, pour l’essentiel, sur un raisonnement apparemment rationnel, mais dangereusement approximatif : la perspective d’une baisse future ne conduit pas toujours à retarder la décision d’achat tant que la perspective de baisse subsiste. En effet la liste des cas ou des circonstances où ce raisonnement ne s’applique pas porte sur des familles de produits très importantes :
- tous les biens de première nécessité
- les biens atteignant un niveau de prix où leur utilité pour l’acquéreur devient indiscutable, voire irrésistible (en particulier sous l’effet du progrès technologique), sans attendre la prochaine baisse
- les biens avec une importante composante matières premières dont le sens des variations de prix est imprévisible
La seule déflation dangereuse est celle qui résulterait de la baisse du prix du travail humain, et cette déflation là est déjà survenue : c’est celle qui a résulté des délocalisations, et elle a effectivement provoqué des ravages dont on souffre encore.
S’il faut démontrer que le raisonnement sur la déflation n’est pas d’application générale, l’exemple des produits technologiques est particulièrement frappant ; à chaque baisse de prix correspond un élargissement de la demande qui provoque une nouvelle baisse, etc. Tout le contraire de l’effet déflation : c’est la baisse qui génère la croissance.
Dans l’autre sens, l’éclatement des bulles entraîne une baisse de prix rapide, souhaitable pour en éliminer les excès, et permettre aux ménages de reprendre les acquisitions (dans le cas du logement), ou aux épargnants de reprendre les investissements (cas des actions), réactions évidemment souhaitables. De même, la destruction des entreprises affaiblies fait partie de la préparation du redémarrage de l’économie.
Tout ceci amène à penser que les programmes de relance de l’économie doivent moins ambitionner un redressement miraculeux avec de l’argent emprunté que l’on distribuerait largement à tous les consommateurs pour alimenter une demande supplémentaire d’importations asiatiques, en leur faisant payer, d’une manière ou d’une autre, l’année suivante, les intérêts de l’emprunt, qu’un programme assurant méticuleusement le nécessaire aux victimes de la crise, et aux autres les aides financières productives soit aux ménages soit aux entreprises leur permettant d’améliorer durablement leur situation.
28.12.08
La réforme de la régulation financière
Dans notre billet du 15 novembre (Qu’entend-on par excès de régulation ?) nous avions déjà exprimé une légère irritation devant l’attitude du monde de la banque envers cette question. Six semaines après la situation est la suivante :
- du coté des banquiers on nous dit qu’il faut que la réforme assure le développement futur des activités financières, après nous avoir demandé de reconnaître l’utilité sociale d’un système financier qui a permis a des millions de pauvres d’accéder à la propriété de leur logement ;
- du coté des Américains on constate une immense levée de boucliers contre la finance en général et la new-yorkaise en particulier, ses pratiques, ses comportement, sa collusion avec le pouvoir et les institutions chargées de la régulation.
Faut-il assurer le développement futur des activités financières ?
Quelle est l’utilité économique des activités financières consistant à inventer des objets financiers utiles seulement au monde financier ? Et si on répond à cela que tout métier a besoin de nouveaux outils, ce qui est vrai, aucun métier ne prétend faire courir au monde un risque de crise économique en testant un nouveau tournevis. Pratiquement, il va falloir démontrer que l’affirmation de P. Krugman[1]
« Récemment, le secteur financier a représenté 8% du PIB de l’Amérique, en augmentation par rapport aux 5% la génération précédente. Si ce supplément de 3% fut jeté par les fenêtres, et probablement il le fut, nous parlons d’environ 800 milliards de dollars par année de gâchis, fraudes et abus. »
n’est pas toujours vraie, et que les innovations financières peuvent avoir un effet bénéfique sur l’économie normale, et pas seulement sur l’économie financière, et cela sans pratiquer les fraudes, abus et autres gâchis qui lui sont reprochés.
Les bienfaits de l’accession des plus pauvres à la propriété[2]
Selon le témoignage du G.A.O. devant le Sénat américain le 4 décembre 2008[3], l’entrée dans les procédures de défaut de payement et de vente forcée des logements est passée de 150000 au second trimestre 2005 à 500000 au même trimestre de 2008, avec la perspective d’augmenter fortement dans les deux prochaines années. De même, les dossiers de surendettement ont très fortement augmenté durant cette période, sans que l’offensive de la Finance soit parvenue à les contenir, si on lui fait la grâce de supposer qu’elle aurait pu en avoir l’intention.
Que peut-on attendre sérieusement d’une réforme de la régulation ?
La régulation est indispensable aux professionnels honnêtes travaillant dans un système complexe. Elle existe, se perfectionne continuellement, et doit continuer de le faire. Elle n’a causé la crise, ni par les règles existantes, ni par l’absence de celles qu’il lui faut encore concevoir pour répondre à tous les besoins. La crise a été causée par des hommes au moyen d’une idéologie (la dérégulation) exploitée avec une indiscutable perversité en confiant les principales fonctions d’une régulation nationale à ses adversaires. La régulation étant sans pouvoir sur le choix des hommes, on ne pouvait en attendre la prévention de la crise actuelle.
Sur un plan différent, mais dans le même ordre d’idée, les agences de notation produisent, bien ou mal, des notes ; l’usage qui en est fait ne dépend de l’agence que si elle est complice d’une intention, ce qui ne peut être généralisé mais a évidemment été le cas dans la titrisation ; là aussi le problème n’est ni l’agence, ni la note, mais les hommes qui s’en servent, ou qui acceptent aveuglément leurs auspices.
Par contre, il y a deux sujets que la régulation peut prendre en main : le risque systémique visant à déclencher l’alerte bien avant l’explosion, ce que le suivi des capitaux propres, des risques et de la liquidité par établissement ne permet pas actuellement de faire, et la protection des systèmes financiers régionaux. Sur ce dernier point, de même qu’il existe des normes et contrôles sanitaires entre les régions du monde, il pourrait être mis en place des normes et contrôles de la toxicité des produits financiers, afin que les errements idéologiques d’un gouvernement ne puissent polluer les systèmes financiers régionaux comme la zone Euro.
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[1] “ In recent years the finance sector accounted for 8 percent of America’s G.D.P., up from less than 5 percent a generation earlier. If that extra 3 percent was money for nothing — and it probably was — we’re talking about $400 billion a year in waste, fraud and abuse. „
Paul Krugman in Op-Ed Columnist - The Madoff Economy - NYTimes.com
[2] “ 9.2 million [personal] bankruptcies in the past seven years. Is this a serious problem? That’s about 5% of working age Americans. Presently about 1.2% of working age Americans are filing [for bankruptcy] each year. „
Noni Mausa in Angry Bear: Who has “bad credit” when a million Americans file for bankruptcy?
[3] http://www.gao.gov/new.items/d09231t.pdf
- du coté des banquiers on nous dit qu’il faut que la réforme assure le développement futur des activités financières, après nous avoir demandé de reconnaître l’utilité sociale d’un système financier qui a permis a des millions de pauvres d’accéder à la propriété de leur logement ;
- du coté des Américains on constate une immense levée de boucliers contre la finance en général et la new-yorkaise en particulier, ses pratiques, ses comportement, sa collusion avec le pouvoir et les institutions chargées de la régulation.
Faut-il assurer le développement futur des activités financières ?
Quelle est l’utilité économique des activités financières consistant à inventer des objets financiers utiles seulement au monde financier ? Et si on répond à cela que tout métier a besoin de nouveaux outils, ce qui est vrai, aucun métier ne prétend faire courir au monde un risque de crise économique en testant un nouveau tournevis. Pratiquement, il va falloir démontrer que l’affirmation de P. Krugman[1]
« Récemment, le secteur financier a représenté 8% du PIB de l’Amérique, en augmentation par rapport aux 5% la génération précédente. Si ce supplément de 3% fut jeté par les fenêtres, et probablement il le fut, nous parlons d’environ 800 milliards de dollars par année de gâchis, fraudes et abus. »
n’est pas toujours vraie, et que les innovations financières peuvent avoir un effet bénéfique sur l’économie normale, et pas seulement sur l’économie financière, et cela sans pratiquer les fraudes, abus et autres gâchis qui lui sont reprochés.
Les bienfaits de l’accession des plus pauvres à la propriété[2]
Selon le témoignage du G.A.O. devant le Sénat américain le 4 décembre 2008[3], l’entrée dans les procédures de défaut de payement et de vente forcée des logements est passée de 150000 au second trimestre 2005 à 500000 au même trimestre de 2008, avec la perspective d’augmenter fortement dans les deux prochaines années. De même, les dossiers de surendettement ont très fortement augmenté durant cette période, sans que l’offensive de la Finance soit parvenue à les contenir, si on lui fait la grâce de supposer qu’elle aurait pu en avoir l’intention.
Que peut-on attendre sérieusement d’une réforme de la régulation ?
La régulation est indispensable aux professionnels honnêtes travaillant dans un système complexe. Elle existe, se perfectionne continuellement, et doit continuer de le faire. Elle n’a causé la crise, ni par les règles existantes, ni par l’absence de celles qu’il lui faut encore concevoir pour répondre à tous les besoins. La crise a été causée par des hommes au moyen d’une idéologie (la dérégulation) exploitée avec une indiscutable perversité en confiant les principales fonctions d’une régulation nationale à ses adversaires. La régulation étant sans pouvoir sur le choix des hommes, on ne pouvait en attendre la prévention de la crise actuelle.
Sur un plan différent, mais dans le même ordre d’idée, les agences de notation produisent, bien ou mal, des notes ; l’usage qui en est fait ne dépend de l’agence que si elle est complice d’une intention, ce qui ne peut être généralisé mais a évidemment été le cas dans la titrisation ; là aussi le problème n’est ni l’agence, ni la note, mais les hommes qui s’en servent, ou qui acceptent aveuglément leurs auspices.
Par contre, il y a deux sujets que la régulation peut prendre en main : le risque systémique visant à déclencher l’alerte bien avant l’explosion, ce que le suivi des capitaux propres, des risques et de la liquidité par établissement ne permet pas actuellement de faire, et la protection des systèmes financiers régionaux. Sur ce dernier point, de même qu’il existe des normes et contrôles sanitaires entre les régions du monde, il pourrait être mis en place des normes et contrôles de la toxicité des produits financiers, afin que les errements idéologiques d’un gouvernement ne puissent polluer les systèmes financiers régionaux comme la zone Euro.
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[1] “ In recent years the finance sector accounted for 8 percent of America’s G.D.P., up from less than 5 percent a generation earlier. If that extra 3 percent was money for nothing — and it probably was — we’re talking about $400 billion a year in waste, fraud and abuse. „
Paul Krugman in Op-Ed Columnist - The Madoff Economy - NYTimes.com
[2] “ 9.2 million [personal] bankruptcies in the past seven years. Is this a serious problem? That’s about 5% of working age Americans. Presently about 1.2% of working age Americans are filing [for bankruptcy] each year. „
Noni Mausa in Angry Bear: Who has “bad credit” when a million Americans file for bankruptcy?
[3] http://www.gao.gov/new.items/d09231t.pdf
On va dire …
Que veut-on dire quand on dit « on va dire … » ?
On peut supposer que ce que l’on va dire n’est pas ce que l’on voudrait vraiment dire, mais pour quoi on ne trouve pas les mots appropriés. Mais alors, si on n’a pas encore trouvé les mots pour le dire, pourquoi en parler maintenant ? Il y a sans doute urgence d’en parler (pour tout un tas de raisons possibles tenant plus aux apparences qu’à la progression du savoir humain), accompagnée d’un fort risque de n’être pas compris ou d’être mal interprété, d’où la nécessité de faire précéder ce mot ou cette expression d’un bouclier qui permettra, contre toute attaque, de nier avoir exprimé par des mots le plus souvent ordinaires une opinion jugée, par la coterie à laquelle l’orateur appartient, politiquement incorrecte.
On peut aussi supposer que cela permet aux plus futés de la coterie de dire, sans se priver le moins du monde, tout ce qu’ils pensent vraiment de tout et de tout le monde, en le faisant simplement précéder de la formule absolutoire.
Enfin, il n’est pas exclu, quand on observe le succès populaire de la formule, qu’il manifeste une de ces petites insolences dont le peuple se régale à peu de frais par un sous entendu : « On va dire, comme l’intelligentsia parisienne, … » .
On peut supposer que ce que l’on va dire n’est pas ce que l’on voudrait vraiment dire, mais pour quoi on ne trouve pas les mots appropriés. Mais alors, si on n’a pas encore trouvé les mots pour le dire, pourquoi en parler maintenant ? Il y a sans doute urgence d’en parler (pour tout un tas de raisons possibles tenant plus aux apparences qu’à la progression du savoir humain), accompagnée d’un fort risque de n’être pas compris ou d’être mal interprété, d’où la nécessité de faire précéder ce mot ou cette expression d’un bouclier qui permettra, contre toute attaque, de nier avoir exprimé par des mots le plus souvent ordinaires une opinion jugée, par la coterie à laquelle l’orateur appartient, politiquement incorrecte.
On peut aussi supposer que cela permet aux plus futés de la coterie de dire, sans se priver le moins du monde, tout ce qu’ils pensent vraiment de tout et de tout le monde, en le faisant simplement précéder de la formule absolutoire.
Enfin, il n’est pas exclu, quand on observe le succès populaire de la formule, qu’il manifeste une de ces petites insolences dont le peuple se régale à peu de frais par un sous entendu : « On va dire, comme l’intelligentsia parisienne, … » .
23.12.08
La Commission, la concurrence et l’électricité.
Comme chacun devrait le deviner, ce qui est difficile avec l’électricité, c’est de la produire, de la produire quand on en a besoin car on ne peut la stocker, et quand on l’a produite c’est de la rendre disponible à tout moment et à tous les endroits du territoire où les habitants peuvent en avoir besoin. Ce n’est pas l’avis de la Commission ; pour elle ce qui est difficile, et mérite protection, c’est de la facturer. Rien n’est donc plus important et urgent, en matière d’énergie[1], que de garantir à toute personne capable de faire des factures l’usage gracieux d’un réseau de distribution qu’il a fallu un demi siècle pour construire, et la production d’électricité d’une capacité nécessitant une maîtrise industrielle hors paire, à un prix lui permettant de vendre au même tarif que le producteur.
C’est ce qu’elle fait au Royaume-Uni, après l’avoir fait en Europe continentale, sur l’électricité et d’une manière générale pour tous les services publiques lourds en investissements. Mais avec l’électricité, service public fondamental pour les ménages et pour l’économie, et qui nécessite donc une modération tarifaire rigoureuse (comme le démontraient les tarifs français inférieurs à la moyenne européenne avant la réforme bruxelloise) on atteint les limites d’une idéologie. Cette destruction délibérée de ce qui constituait une motivation essentielle des investissements lourds (permettre une exploitation rentable de longue durée), représentation concrète de la valeur d’une entreprise industrielle, rendra très difficile les prochaines décisions d’investissement lourds ; le pire sera un financement d’état et une exploitation privée, détournement prévisible de la valeur ajoutée de l’investissement.
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[1] Comme si l’U.E. n’avait pas de problème énergétique plus urgent que de compliquer le seul domaine énergétique qu’elle maîtrise, alors qu’elle est dépendante du reste du monde pour tous les autres, ce à quoi la Commission ne semble pas se passionner, et que la Commissaire à la Concurrence ignore superbement.
C’est ce qu’elle fait au Royaume-Uni, après l’avoir fait en Europe continentale, sur l’électricité et d’une manière générale pour tous les services publiques lourds en investissements. Mais avec l’électricité, service public fondamental pour les ménages et pour l’économie, et qui nécessite donc une modération tarifaire rigoureuse (comme le démontraient les tarifs français inférieurs à la moyenne européenne avant la réforme bruxelloise) on atteint les limites d’une idéologie. Cette destruction délibérée de ce qui constituait une motivation essentielle des investissements lourds (permettre une exploitation rentable de longue durée), représentation concrète de la valeur d’une entreprise industrielle, rendra très difficile les prochaines décisions d’investissement lourds ; le pire sera un financement d’état et une exploitation privée, détournement prévisible de la valeur ajoutée de l’investissement.
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[1] Comme si l’U.E. n’avait pas de problème énergétique plus urgent que de compliquer le seul domaine énergétique qu’elle maîtrise, alors qu’elle est dépendante du reste du monde pour tous les autres, ce à quoi la Commission ne semble pas se passionner, et que la Commissaire à la Concurrence ignore superbement.
22.12.08
Le mythe des modèles mathématiques
C’est curieux, le seul tort que veulent bien reconnaître les banquiers c’est de ne pas avoir compris les applications mathématiques sophistiquées qu’ils croyaient indispensables au développement de leurs activités et de leurs profits. Comme la plupart des gens n’ont qu’une sympathie très limitée pour les mathématiques, ils y voient une circonstance atténuant la responsabilité des grands patrons des banques. Malheureusement c’est faux ; il y a certes des applications mathématiques complexes utiles dans certains domaines, comme les options ou les warrants, mais le niveau de mathématiques nécessaire pour établir l’échéancier d’un crédit immobilier, serait-il à des conditions insensées comme les « subprimes option ARM », ne dépasse pas le niveau de la classe de première.
Or, l’étape actuelle de la crise financière est principalement causée par les prêts immobiliers, et les mathématiques n’y sont pour rien. En effet, on s’aperçoit progressivement que, pour faire apparaître de très juteux profits sur des prêts consentis à des foyers aux ressources insuffisantes pour faire face aux remboursements, il doit y avoir un truc. Le truc c’est d’utiliser un artifice comptable qui n’a pas été conçu pour un usage manifestement abusif : la comptabilisation, le jour de la signature du contrat, de la totalité du profit attendu sur toute la durée du contrat, souvent trente ans.
Alors, on peut supposer que certains de ces responsables de grandes banques sont d’un niveau de nullité qui leur permettait de ne pas découvrir cela, mais constatant que le Directeur de la Banque de France non seulement le sait, mais s’en inquiète[1], on est forcé de se demander si ce mythe des modèles mathématiques, dissimulation aux effets peu durables, ne révèle pas de profondes inquiétudes.
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[1] http://www.banque-france.fr/fr/instit/telechar/discours/2008/disc20081211.pdf
Or, l’étape actuelle de la crise financière est principalement causée par les prêts immobiliers, et les mathématiques n’y sont pour rien. En effet, on s’aperçoit progressivement que, pour faire apparaître de très juteux profits sur des prêts consentis à des foyers aux ressources insuffisantes pour faire face aux remboursements, il doit y avoir un truc. Le truc c’est d’utiliser un artifice comptable qui n’a pas été conçu pour un usage manifestement abusif : la comptabilisation, le jour de la signature du contrat, de la totalité du profit attendu sur toute la durée du contrat, souvent trente ans.
Alors, on peut supposer que certains de ces responsables de grandes banques sont d’un niveau de nullité qui leur permettait de ne pas découvrir cela, mais constatant que le Directeur de la Banque de France non seulement le sait, mais s’en inquiète[1], on est forcé de se demander si ce mythe des modèles mathématiques, dissimulation aux effets peu durables, ne révèle pas de profondes inquiétudes.
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[1] http://www.banque-france.fr/fr/instit/telechar/discours/2008/disc20081211.pdf
20.12.08
Les activités pour compte propre des banques
Pour ceux qui s’intéressent à l’opinion des Américains sur la crise et la finance, le blog « Quoting the Crisis » est une source prolifique de références. Hier il nous a amené une citation de Paul Krugman, extraite de son billet du NYTimes[1] : « Au cours des dernières année le secteur financier a représenté 8% du PNB américain, au lieu de moins de 5% précédemment. Si ce supplément de 3% n’a servi à rien – et c’est probablement le cas – on parle d’environ 400 Milliards de $ par an de gaspillage, tromperie et pratiques abusives. »
Il faut l’autorité d’un prix Nobel pour oser une telle accusation, mais maintenant qu’il a ouvert le débat, on aurait tort de ne pas le poursuivre. Et cela d’autant plus que cette accusation va à contre courant du discours fréquent nous alertant sur l’impérieuse nécessité de ne pas freiner l’expansion de la création financière si profitable à l’économie (paraîtrait-il, ce que ne croit apparemment Paul Krugman), et que ne manquerait pas de causer tout renforcement de la régulation.
On nous a expliqué à juste titre que la finance jouait un rôle irremplaçable dans l’économie, et qu’il était donc de l’intérêt général d’empêcher les banques de faire faillite. Ce point n’étant pas contesté, il en résulte un statut de quasi service public justifiant les soutiens qui leur sont accordés, voire imposés, jusqu’à la nationalisation si nécessaire. A partir de là l’intérêt général implique que la mission du système bancaire soit légèrement redéfinie, l’intérêt de la corporation financière devrait-il, non moins légèrement, souffrir de sa soumission à l’intérêt général.
Dans l’absence de statistiques solides, les informations dont on dispose permettent cependant d’affirmer que les activités pour compte propre des banques on soit été la cause de pertes considérables causées par une organisation insuffisante ou par une sous estimation des risques pris, soit généré des profits pour le moins discutables par trahison des intérêts de leurs propres clients, c'est-à-dire exactement les gaspillages, tromperie et pratiques abusives dont parle Paul Krugman. Rien ne devrait donc s’opposer à l’obligation de sortir les activités pour compte propre du statut bancaire ; si les actionnaires des banques veulent les poursuivre, libre à eux de constituer, hors du capital de la banque et de ses services, toute entreprise adaptée à cette activité, mais non susceptible de mettre en péril une banque.
A ceux que choquerait une telle mesure, demandons ce qu’ils penseraient si on autorisait d’autres corporations à entretenir aux frais de l’économie réelle une activité pour compte propre ; par exemple si les professions de santé s’organisaient pour qu’un étage de tous les hôpitaux se consacre uniquement aux personnels de santé ; s’y concentrerait l’élite du corps médical pour soigner le corps médical au moyen des techniques, matériels et molécules de dernier cri, le tout au frais de l’économie générale.
[1] http://www.nytimes.com/2008/12/19/opinion/19krugman.html?_r=3&em
« […]In recent years the finance sector accounted for 8 percent of America’s G.D.P., up from less than 5 percent a generation earlier. If that extra 3 percent was money for nothing — and it probably was — we’re talking about $400 billion a year in waste, fraud and abuse. […]”
Il faut l’autorité d’un prix Nobel pour oser une telle accusation, mais maintenant qu’il a ouvert le débat, on aurait tort de ne pas le poursuivre. Et cela d’autant plus que cette accusation va à contre courant du discours fréquent nous alertant sur l’impérieuse nécessité de ne pas freiner l’expansion de la création financière si profitable à l’économie (paraîtrait-il, ce que ne croit apparemment Paul Krugman), et que ne manquerait pas de causer tout renforcement de la régulation.
On nous a expliqué à juste titre que la finance jouait un rôle irremplaçable dans l’économie, et qu’il était donc de l’intérêt général d’empêcher les banques de faire faillite. Ce point n’étant pas contesté, il en résulte un statut de quasi service public justifiant les soutiens qui leur sont accordés, voire imposés, jusqu’à la nationalisation si nécessaire. A partir de là l’intérêt général implique que la mission du système bancaire soit légèrement redéfinie, l’intérêt de la corporation financière devrait-il, non moins légèrement, souffrir de sa soumission à l’intérêt général.
Dans l’absence de statistiques solides, les informations dont on dispose permettent cependant d’affirmer que les activités pour compte propre des banques on soit été la cause de pertes considérables causées par une organisation insuffisante ou par une sous estimation des risques pris, soit généré des profits pour le moins discutables par trahison des intérêts de leurs propres clients, c'est-à-dire exactement les gaspillages, tromperie et pratiques abusives dont parle Paul Krugman. Rien ne devrait donc s’opposer à l’obligation de sortir les activités pour compte propre du statut bancaire ; si les actionnaires des banques veulent les poursuivre, libre à eux de constituer, hors du capital de la banque et de ses services, toute entreprise adaptée à cette activité, mais non susceptible de mettre en péril une banque.
A ceux que choquerait une telle mesure, demandons ce qu’ils penseraient si on autorisait d’autres corporations à entretenir aux frais de l’économie réelle une activité pour compte propre ; par exemple si les professions de santé s’organisaient pour qu’un étage de tous les hôpitaux se consacre uniquement aux personnels de santé ; s’y concentrerait l’élite du corps médical pour soigner le corps médical au moyen des techniques, matériels et molécules de dernier cri, le tout au frais de l’économie générale.
[1] http://www.nytimes.com/2008/12/19/opinion/19krugman.html?_r=3&em
« […]In recent years the finance sector accounted for 8 percent of America’s G.D.P., up from less than 5 percent a generation earlier. If that extra 3 percent was money for nothing — and it probably was — we’re talking about $400 billion a year in waste, fraud and abuse. […]”
17.12.08
Faut pas s’embêter avec les détails …
A la quatrième place de la liste des 10 meilleures citations de 2008 du Yale book of quotations, on trouve cette étonnante réponse du porte-parole du Treasury Department à qui on demandait d’expliquer comment avait été fixé le montant de 700 milliards de dollars du programme initial de secours à l’économie : Ce n’est pas basé sur des données particulières, on voulait juste choisir un nombre vraiment grand.
Quand on vous dit que la haute finance c’est très, très, très, très, très, très, compliqué …
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http://www.nydailynews.com/news/2008/12/15/2008-12-15_top_ten_quotes_of_2008.html
Quand on vous dit que la haute finance c’est très, très, très, très, très, très, compliqué …
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http://www.nydailynews.com/news/2008/12/15/2008-12-15_top_ten_quotes_of_2008.html
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