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16.5.08

Pourquoi y a-t-il moins de grèves dans le secteur privé que dans le secteur public ?

La raison réside dans la nécessité que la grève, qui est une recherche de solution quand la discussion n'aboutit pas, rencontre rapidement un point d'équilibre qui permette de revenir à la discussion, quand chacun a saisi le coût et les risques de la poursuite du conflit. Or, dans le privé le patron a immédiatement une perte de recettes qui dépasse les salaires qu'il ne paiera pas; et très vite, cette perte de recette qui ne permet plus de faire face aux obligations envers les fournisseurs et l'État, peut conduire à la fermeture. En même temps, les grévistes souffrent de la perte de leur salaire qui rend leur vie de plus en plus difficile, mais le risque de fermeture de l'entreprise les touche autant que le patron; alors quand les deux parties réalisent qu'ils ont atteint le point où les deux vont perdre, sans espoir de revenir en arrière, la discussion est à nouveau possible.La grève dans le secteur public ne connaît pas ce point d'équilibre rationnel ; en effet, les grévistes ont leur emploi garanti quoi qu'il advienne ; leur "entreprise" ne peut pas fermer. Quant au patron, l'État, c'est une abstraction représentée dans le conflit par quelqu'un qui a une carrière politique à protéger, et qui ne souffrira en rien, à titre personnel, des conséquences du conflit. Il n'y a donc pas de point d'équilibre naturel, qui peut seulement être trouvé, à un coût extravagant, par les clients captifs de l'"entreprise" quand ils ne supportent plus les inconvénients de la grève.

10.4.08

L’heure de vérité approche

L’heure de vérité approche. Le déficit et son bâtard, l’intérêt de la dette, sont en train de prendre le pouvoir. Leur présence encombre toutes les prises de décisions qui en deviennent impossibles : sur le plan intérieur les superlatifs d’urgence et de priorité ne fonctionnent plus, sur le plan européen c’est un chef d’État loqueteux qui va présider l’Union, et dont les initiatives, qui ont en général un coût, seront assorties d’une mention inévitable : ce projet doit être reporté ; et sur le plan mondial, aucune action d’envergure ne peut être lancée sans ressources.Les plaisants stratèges de l’économie dont le discours apaisants n’avait pas de mot assez cruel pour ridiculiser les tenants d’une gestion prudente des finances de l’État, vont devoir constater qu’ils ont facilité l’accès de cet État à un lieu abhorré des vrais stratèges : l’impasse, l’endroit dans lequel nul choix n’est possible.Il faut souhaiter que les Français n’auront pas peur des mots comme rigueur ou redressement, et qu’ils ne retarderont pas, par les initiatives puériles dont ils sont coutumiers, la solution d’un problème que leur aveuglement a contribué à créer.Pour le MoDem, c’est le moment de montrer, avec modestie, que faire la politique autrement c’était aussi annoncer cette crise avant quiconque.