10.1.06

Faire le bonheur des fonctionnaires

Les fonctionnaires ont des soucis ; non pas en raison du grand nombre d’entre eux qui va partir prochainement en retraite, mais parce que leurs ennemis, qui non seulement n’ont pas pu réduire leur nombre mais se sont montrés incapables d’empêcher leur foule d’augmenter, font campagne pour au moins interdire leur remplacement.

Or, imaginez un peu la tristesse qui s’abat sur la vie d’un fonctionnaire lorsque son voisin de bureau part en retraite ; on a beau être content pour son collègue qui voit se réaliser l’idéal pour lequel il s’était engagé en entrant dans le service public (à ne pas confondre avec le service du public, concept distinct et sans aucun intérêt), il ressent à plein l’ennui de sa condition qu’il ne peut plus désormais partager. Dans le pire des cas, le chef de service peut même lui demander de traiter un dossier qui était auparavant à la charge de son collègue, ce qui constitue évidemment un abus de droit qu’il faudra d’urgence soumettre au syndicat qui pourra peut-être en faire un motif de grève. Mais le plus souvent, ces extrémités sont épargnées, car il y avait un bon moment que le cher collègue n’en fichait plus une rame. Ce sont donc des raisons morales, pour ne pas dire sentimentales, qui rendent nécessaire le remplacement des départs en retraite.

A cela les ennemis sans scrupules, ne respectant ni la morale ni les sentiments, opposent les nécessités financières qui exigeraient que moins de fonctionnaires se dévouassent sans compter au bien de la nation ; ils veulent bien qu’ils se dévouent, mais en comptant.

Cela aurait pu dégénérer en violent conflit entre les fonctionnaires et leurs ennemis, si le Président de tous les Français n’avait proposé une solution que Saint Louis n’aurait pas désavouée : pour consoler les fonctionnaires qui ne partent pas en retraite de la perte cruelle de leurs amis et collègues de bureau, et pour tenir compte du fait que les souffrances résultant de la perte cruelle en question ne cesseront jamais, il leur sera versé jusqu’à leur retraite à eux une indemnité égale à 50% des sommes économisées par le non remplacement des départs en retraite.

Fort heureusement, le revenu des fonctionnaires en retraite est payé par l’état, comme celui des fonctionnaires en activité ; les départs en retraite ne font donc pas faire une économie qui pourrait être partagée. La seule diminution des charges de l’état vient du décès des retraités ; et comme il y en aura beaucoup moins que de nouveaux retraités, les charges de retraites de l’état vont augmenter. Pour que l’ensemble se stabilise, il faudrait que les recrutements soient équivalents aux décès.

7.1.06

Observations sur la dette de l'Etat

On trouve sur le site de l’Agence France Trésor des informations indispensables à la compréhension des problèmes posés par la dette de l’Etat, et à une écoute critique les commentaires qu’elle a attirés récemment.

Par exemple un « expert » désireux de rassurer le public sur les conséquences de la création de la dette sur les générations à venir, affirmait que ces générations ne souffriraient pas d’avoir à la rembourser car elles auraient hérité des titres émis en contrepartie. Cela serait vrai si ceux qui rembourseront la dette (collectivement) étaient aussi ceux qui détiendront les titres (collectivement). Or, selon l’Agence France Trésor, 55% des obligations émises par l’Etat sont détenues par des non-résidents ; cela a deux conséquences et pose deux questions.

La première conséquence est évidemment que les générations futures auront à rembourser les obligations d’Etat détenues par les non-résidents ; il ne peut donc être nié que l’attitude irresponsable de la génération au pouvoir depuis 25 ans (de gauche ET de droite) aura effectivement pour résultat d’obliger ses enfants à rembourser les emprunts qu’elle a faits à l’étranger.

La seconde conséquence concerne tous les Français, présents et futurs ; le fait que 55% de la dette soit détenue par des non-résidents signifie qu’ils encaissent 55% des intérêts. Cela est d’une extrême gravité. En effet, si 100% de la dette était entre des mains françaises, les intérêts leur reviendraient en totalité, et on pourrait dire que finalement « ça ne sort pas de la famille ». Mais les intérêts annuels versés aux non-résidents représentent 23 milliards d’euros qui sont, et seront, prélevés sur les revenus des Français ; cette somme est considérable ; elle représente par exemple 15000€ pour 1500000 personnes, ou 1293€ pour chacun des 17790012 foyers fiscaux imposables. Cela aussi « sort de la famille », et tous les ans. Incidemment, il faut noter que la part détenue par les non résidents serait passée, entre octobre 2004 et octobre 2005, de 52 à 55%. Ce pourcentage concernant la totalité de la dette, cela voudrait dire que les emprunts émis durant cette période auraient été souscrit à 80% par des non résidents.

La première question, posée par l’évidente appétence des non-résidents pour les emprunts d’état français (mais cela doit se vérifier également pour les emprunts d’état de toutes les grandes nations), est la suivante : qui sont ces non-résidents ? Et plus précisément, quelles sont les mesures permettant de s’assurer que les emprunts d’état ne constituent pas le placement idéal de l’argent sale ?

La seconde question porte sur l’influence qu’a pu avoir l’évolution des taux d’intérêts à la baisse sur la tentation à laquelle les gouvernements n’ont pas résisté de voir l’emprunt comme un moyen peu coûteux de résoudre tous les problèmes (et de distribuer tous les plaisirs), et corrélativement si la détestation manifestée par les politiques pour toute augmentation des taux de la banque centrale ne trouve pas son origine dans la facilité résultant de bas taux d’intérêt.

6.1.06

Faire le bonheur du peuple

On peut, par exemple, essayer de limiter l’augmentation des loyers. C’est un sujet éternel ; si on se limite à la période suivant la deuxième guerre mondiale, cela a commencé par une formule terrible : la surface corrigée. Derrière ce nom bizarre, il y avait une méthode très efficace dans deux domaines ; faire le bonheur du peuple d’abord qui voyait son loyer stagner dans une période de forte inflation, et aussi réduire tellement le revenu des propriétaires qu’ils ont cessé d’entretenir les immeubles et de s’intéresser au logement ancien. La situation du logement devenant désastreuse, on a mis en place un nouveau système pour les logements neufs. Les propriétaires furent autorisés à augmenter les loyers sans que cette augmentation dépasse l’indice du coût de la construction, ce qui résulta évidemment en une indexation des loyers qui furent ainsi systématiquement augmentés. Cela donna satisfaction aux locataires et aux propriétaires, car les premiers appréciaient de voir l’indice de la construction évoluer moins vite que leur revenu en raison des forts gains de productivité de cette industrie, et les seconds se disaient que ces augmentations garanties, après tout, ce n’était pas si mal.

Malheureusement arriva une époque où l’indice de la construction, après quelques années d’évolution très modérée connut quelques années de rattrapage. Rapidement quelques bons esprit désireux de restaurer le bonheur du peuple à un niveau où leur nom pourrait être attaché, commencèrent à évoquer l’urgente nécessité de remplacer l’indexation sur l’indice de la construction, manifestement perverse, par une indexation plus équitable sur une autre indice à créer. Ce qui fut dit fut fait, et le nouvel indice est un cocktail comprenant trois parts de l’indice des prix à la consommation, une part de l’indice des coûts des travaux d’entretien et d’amélioration, et une part de l’indice du coût de la construction.

La première application de cette intéressante innovation est la suivante : pour le 2ème trimestre 2005 la variation annuelle s’élève à 2.64%. Pour la même période, la variation de l’indice du coût de la construction est de 0.71%. Voilà donc un nouvel instrument d’amélioration du bonheur du peuple qui permet d’augmenter ses loyers plus que l’ancien. Comme dirait l’autre : C’est l’intention qui compte !

16.4.05

Engagement personnel

Quand un Premier Ministre en exercice déclare au mois de janvier qu’il prend l’engagement personnel de faire diminuer cette année le chômage de 10%, on se dit que voilà enfin un homme politique qui en a dans le ventre. Et on imagine de quelle manière il choisirait de sanctionner son échec : la démission serait parfaitement adaptée, même si peu originale ; le hara-kiri poitevin (avec un couteau Opinel) aurait belle allure ; le retrait dans un monastère au milieu des marais aurait un chic romanesque ; la confession publique, pieds nus et en chemise place de la Concorde, au bas de la tribune du 14 juillet pleine d’enfants des jardins du même nom, lançant des petites tomates bien mures, éviterait le caractère barbare de certaines sanctions tout en conservant une indispensable sévérité.

Quelle n’a pas été notre surprise d’entendre le même Premier Ministre annoncer deux mois plus tard que la baisse n’aurait pas lieu cette année, en omettant toute référence à son engagement personnel. Faut-il en conclure que pour certains hommes politiques (voire l’ensemble) l’expression « engagement personnel » serait synonyme de promesse électorale dont chacun sait qu’elles n’engagent jamais celui qui les prononce ; utilisé en dehors des périodes électorales, l’engagement personnel serait donc un engagement qui n’engage pas, et même probablement pas du tout.

Nous souhaitons observer prochainement l’usage de l’expression « engagement personnel » dans la conclusion d’une promesse électorale.

1.4.05

World Bank

The new President has declared that he will consider as a priority the development and extinction of poverty in Iraq, a country which has recently suffered immense destruction and human losses due to a foreign aggression. He added that those who have any responsibility in this impressive increase of the poverty in the world will be welcome if they had any desire to participate with him in urgent corrective actions.

The new President, in an attempt to convince all countries funding the Word Bank of his pure intentions, will propose soon the inception of an annual prize, titled “Wolf for the poor” with a gift of 25$.

29.3.05

Salaire des fonctionnaires

Ce sujet est d’une rare complexité ; par exemple il y a deux échelles de salaires pour les postes les moins qualifiés et donc les moins rémunérés ; elles portent les n° 2 et 3, et l’une est évidemment plus élevée que l’autre. Alors, pour le motif qu’il faut éviter que la plus faible « décroche » du niveau du Smic, on va « fusionner » les deux échelles, ce qui veut probablement dire que l’on va donner aux habitants de l’échelle 2 les mêmes salaires qu’à ceux de l’échelle 3.
La beauté de la manœuvre réside évidemment dans la revendication prochaine des habitants d’origine de l’échelle 3, qui se plaindront à juste titre de ce que leur grille a été « percutée » par les enfoirés de l’échelle 2, ce qui a entraîné une injuste dévalorisation de leur qualification. Ce scandale ne pourra disparaître qu’avec la création urgente de l’échelle 3 bis (qui donnera aux habitants de l’échelle 4 une bonne raison pour réclamer à son tour).

Un autre exemple de complexité de la gestion des salaires des fonctionnaires est « le versement, de façon exceptionnelle, d’une prime pour les fonctionnaires titulaires bloqués au sommet de leur grade depuis au moins 3 ans. » En effet, oser prétendre que les fonctionnaires titulaires bloqués au sommet de leur grade depuis au moins 3 ans méritent quoi que ce soit, est une injure pour l’esprit. On imaginerait plutôt que les heureux ronds-de-cuir qui ont bénéficié, à l’ancienneté, d’augmentations suffisamment nombreuses pour les amener au maximum de la grille avant leur retraite, alors même que leurs capacités interdisaient de les promouvoir, à quelque échéance que ce soit, s’estimeraient satisfaits et heureux de jouir de ce régime le plus longtemps possible, et en particulier pendant une durée supérieure à 3 années.
Et bien non, il existe des syndicats assez éloignés des réalités pour oser réclamer une prime pour les 260000 héros bloqués, à un gouvernement impécunieux, endetté comme jamais, mais prêt néanmoins à donner, pour de mauvaises raisons, à des gens qui ne le méritent pas, de l’argent qui lui fait cruellement défaut.

18.3.05

La longue finance

On connaissait la haute finance, c’est à dire qu’on connaissait l’expression, mais son contenu avait l’habitude énervante de nous échapper. Non pas que l’on soit incapable de saisir la chose, mais manifestement il n’était pas considéré utile de nous en éclairer.

Pour la longue finance, c’est beaucoup plus simple, tout le monde peut comprendre : au lieu d’emprunter à une échéance suffisamment proche pour avoir une allure inévitable, on choisit une échéance si lointaine que l’on peut à peine percevoir les obligations qu’elle pourrait contenir. Par exemple 50 ans, ou 100 ans, ou davantage si ça marche. Evidemment la longue finance n’est pas offerte à l’Argentine, ni à tout débiteur qui, n’ayant fourni aucune garantie, croit malin d’expliquer à son créancier que la prochaine échéance pourra n’être versée qu’avec un léger retard, ou même pas du tout si ledit créancier est vraiment pris pour une pomme.

La beauté des échéances lointaines, c’est qu’on ne les paiera jamais. Quant aux intérêts annuels, dont le montant est si modique que l’on fait de leur parfait paiement une question de principe, ce sera un jeu d’enfant que d’emprunter la somme.

Alors me direz-vous, il y a le problème du Pacte de Stabilité que l’ignorance de la haute et longue finance conduit certains à poser avec insistance. En fait, la comparaison de la dette de l’Etat avec le PIB est parfaitement inutile, puisque l’on n’a aucune intention de la rembourser. La seule donnée utile est le montant du déficit qui doit juste être inférieur à la capacité d’emprunt ; le PIB n’a aucune importance, et c’est heureux, car on ne le connaît avec précision que longtemps après la fin de l’année concernée.

Compound interests

http://www.treas.gov/press/releases/js2315.htm

[QUOTE]
For future generations of retirees, the President believes an awful lot of hope lies in personal accounts – something that would allow younger workers to build a nest egg that they own and control, something the government could never take away from them, and that would tap into the great force of compound interest – something you, as bankers, understand very well.
Albert Einstein believed, and the President and Secretary Snow agree, that compound interest is one of the most powerful forces in the universe. It's why a personal account nest egg would have a real return on investment that is far better than the rapidly-weakening promise of Social Security benefits.
[/QUOTE]

The discovery that personal accounts could tap into the great force of compound interest is likely the greatest achievement of the President, even if Albert Einstein paved the way.

I am very pleased to observed that the US, after some quite impressing failures regarding retirement, has identified a very efficient solution woefully omitted by the rest of the world.

7.11.04

Euro fort ou Dollar faible ?

Beaucoup s’inquiètent car l’Euro fort nuirait aux exportations européennes. Cela demande à être nuancé ; en effet, la force relative de l’Euro ne résulte pas d’un mouvement qui lui soit propre, mais exclusivement de la faiblesse du Dollar qui s’est manifestée de la même manière par rapport au Yen et à la Livre ; de ce fait, notre position compétitive n’a pas changé par rapport aux pays exportant dans une devise autre que le Dollar, ce qui représentent 48% du commerce mondial.

Il reste donc 52% du commerce mondial qui est facturé en Dollars, part sur laquelle notre position compétitive pourrait s’être dégradée. Mais cette part comprend les produits pétroliers et les matières premières, deux catégories où nous sommes importateurs nets. Leur facturation en dollar a entraîné les conséquences suivantes sur nos coûts :
- lorsque le baril de pétrole était coté 25$, cela équivalait à 28.9€
- le baril de pétrole à 50$ équivaut maintenant à 39€
Ainsi, lorsque nos coûts en énergie ont augmenté de 35%, ceux de nos compétiteurs facturant en dollar ont augmenté de 100%.

Il en va de même pour les matières premières pour lesquelles les augmentations n’ont pas dépassé 50%, ce qui aboutit à une augmentation du coût des matières premières pour nos compétiteurs alors que les nôtres n’ont pratiquement pas bougé.

En conséquence, sur la part de 52% du commerce mondial facturée en dollar, les produits ayant un fort contenu en énergie, en sous-produits du pétrole et en matières premières verront notre compétitivité maintenue sinon améliorée. Il reste ceux qui ne contiennent pas ou contiennent peu de ces composants, pour lesquels il y a effectivement perte de compétitivité.

Polémique fiscale

Chaque modification de la fiscalité donne lieu à des salves d’arguments d’une invulnérable mauvaise foi puisque fondés d’une part sur un aspect apparemment indiscutable de la modification (« comment osez-vous encore diminuer les impôts des nantis » ou « cette augmentation est injuste car elle aggrave encore la situation des plus démunis »), et d’autre part sur l’omission soigneuse de la part effective de la réforme dans un tableau plus vaste et donc plus sensé du problème.

Le dernier exemple en date porte sur la déduction des salaires et charges des emplois familiaux. Les employeurs étaient jusqu’alors autorisés à les déduire dans la limite de 10000€ (un emploi familial à temps complet coûte environ 22000€ par an : 12000€ de salaire et 10000€ de charges), et il était envisagé de porter cette limite à 15000€. Cela fut immédiatement présenté comme un cadeau aux nantis (tentant insidieusement d’assimiler les employés familiaux aux domestiques d’une bourgeoisie par définition profiteuse voire oisive dont ils constituent un élément du train de vie - très important le train de vie fiscal pour contester une déduction) en oubliant simplement que cette mesure avait déjà eu deux effets très positifs : réduire la plaie sociale du travail noir, et permettre la création de quelques dizaines de milliers d’emplois stables.

Mais ce qui est frappant dans cette affaire, c’est que la règle devrait être la déductibilité de la totalité des salaires et charges, sans limitation, puisque le salarié est imposable sur les revenus de son emploi familial, comme n’importe quel autre salarié. Cette double imposition, même partielle est injustifiable, et c’est sans doute la raison pour laquelle elle n’est jamais évoquée.

C’est d’autant plus choquant que l’assistance à domicile est rendue nécessaire à notre époque aux femmes actives dont le revenu ne peut être généré que grâce à l’assistance à domicile dont le coût devrait donc être déductible en totalité. Curieusement, cela n’est jamais dit.


3.11.04

Réformer la loi Galland ? (Suite)

M.E. Leclerc va être content, le projet de loi préparé par Bercy lui donne satisfaction, et va probablement au-delà de ce qu’il espérait. Il va être autorisé à déduire les sommes rackettées au titre de la « coopération commerciale » de ses prix d’achat et donc de son prix de vente, et cela en totalité à partir du 1er janvier 2007 (partiellement avant cette date). En pratique, la méthode est tellement compliquée qu’elle va être rigoureusement incontrôlable, ce qui ne la rend que plus conforme à l’objet poursuivi par M.E.Leclerc.

Le but poursuivi par M.E. Leclerc, on ne l’a pas oublié, est de pouvoir faire la promotion d’articles à des prix inférieurs aux prix de facture, prix auxquels ses concurrents achètent effectivement ces articles, afin de les détruire. Le prétexte de rendre du pouvoir d’achat aux consommateurs est une aimable plaisanterie : la vente à perte ne pouvant se pratiquer longtemps sur une part significative du chiffre d’affaires, il ne s’agit que d’opérations promotionnelles limitées dont l’impact sur le résultat est délibérément limité comme celui sur le pouvoir d’achat.

C’est par des pratiques commerciales de ce type que l’on a virtuellement fait disparaître le commerce de proximité et de centre-ville, au prix de dizaines de milliers d’emplois qui ne furent que très partiellement remplacés par des emplois de caissières à temps partiel et de personnels de sécurité.

Lettre à mes amis Américains

Dear American friends

I don’t want to wait any more to congratulate you. Not only I understand and approve that when the whole world keeps telling you what sort of president to elect, you choose the opposite, but frankly I would have done the same. As a matter of fact, I did the same when I re-elected Charles De Gaulle in the past (Well, Charles De Gaulle was not exactly made of the same stuff as G.W.B., but he did bother some people abroad too).

But this decision of yours is also the correct one because it gives a chance to G.W. Bush to pursue the pre-emptive war he has started in Iraq, and ultimately to collect the glory he deserves. Giving such an opportunity to Kerry would have been specially unfair.

If another reason was necessary to justify the re-election of G.W.B., I would mention the budget deficit, the manageability of which, once demonstrated, would give to him a leading position on the list of applicants for the next Swedish economy prize.

I am also impressed by the observation that G.W.B. receives direct advice from God, which is a unique asset for a government. With the notable exception of Joan of Arc, we have never been able, on this side of the ocean, to durably secure His assistance, and He knows nevertheless than we could have use it more than once.

I wish you, my dear American friends, to enjoy as much as you can the next four years which will be the last presided by G.W.B.

Friendly yours,

Le Gaulois

P.S. : Next time your President get in touch with God, could he be so nice as to suggest that He allocates some blessings to the EU, with one being specifically earmarked for France. Thanks.

26.10.04

Réformer la loi Galland ?

La critique de la loi Galland faite par M.E. Leclerc (« je voudrais baisser mes prix de vente, mais la vilaine loi m’en empêche ») semble ignorer que le prix de facture pratiqué par les fabricants dépend de toutes les charges auxquelles ils doivent faire face, y compris les marges arrières. C’est à dire que les prix de facture seraient moins élevés si les exigences de la grande distribution étaient moindre. Mais puisque la grande distribution exige des fabricants qu’ils supportent des coûts de distribution (ce que les marges arrières recouvrent essentiellement), elle ne peut s’étonner que les prix supportés par le client final les incorporent.

Cela conduit l’observateur impartial à poser quelques question pour clarifier le débat.

1ère question : La revendication de M.E. Leclerc suppose que ses prix de vente des produits de marque sont, avant toute réforme de la loi Galland, égaux au prix minimum de vente, c’est à dire le prix d’achat. Est-ce le cas ?

2ème question : On nous dit que les marges arrières représentent des montants considérables, on mentionne des chiffres de 30, 40 et même 50% du prix d’achat, et cela sur tous les produits de marque qui composent 50% du chiffre d’affaires. Où cela se cache-t-il dans le compte d’exploitation des grandes surfaces qui publient des résultats montrant quelques points de bénéfice, très insuffisants pour contenir les marges arrières. Serait-il possible que lesdites marges arrières soient versées aux centrales d’achat situées, mondialisation oblige, à l’étranger ?

3ème question : Les accusations portées par ME Leclerc contre les fournisseurs impliquent qu’ils augmentent leur prix de facture de manière abusive, ce qui signifie qu’ils n’auraient à craindre aucune concurrence. Est vrai dans la généralité des cas ? Au cas où leurs augmentations seraient faites sous l’empire de la nécessité résultant des exigences des grandes surfaces, ce qui est au moins plausible, n’est-ce pas préférable à la disparition du produit qui ne pourrait plus être vendu à des conditions normales, voire à la disparition du producteur?

4ème question : La prohibition de la vente à perte résulte du fait qu’il est évidemment malsain de vendre moins cher que cela ne coûte ; l’objectif du commerçant pratiquant la vente à perte est de sacrifier un article soumis à la concurrence et de se rattraper sur des articles moins concurrencés, dans le but de nuire à ses concurrents. Mais comment se définit la vente à perte ? La loi Galland adopte une définition simple : il y a vente à perte lorsque le prix de vente est inférieur au prix de facture net, avant toute diminution représentative des marges arrières. On voit bien que la référence au prix d’achat est faite au détriment d’une définition économique de la vente à perte qui ferait référence au prix de revient, c’est à dire l’ensemble des coûts qu’il a fallu exposer pour amener l’article considéré dans la réserve du point de vente, c’est à dire non seulement le prix net de facture majoré du port, mais aussi le coût de commande, le coût de réception, et le coût d’entreposage avant mise en rayon. Ainsi, dans la définition de la vente à perte, il y a lieu non pas à diminuer le prix d’achat mais à le majorer des coûts exposés par l’entreprise et ne figurant pas sur la facture d’achat.

5ème question : Quelle est la nature des marges arrières ? Ce sont de pseudo-services facturés par les grandes surfaces aux fournisseurs ; ces services étant décrits en général comme des frais de distribution (affichage, publicité, mise en avant, etc.) ; de ce fait, ils n’appartiennent aux éléments du prix de revient, mais aux frais généraux. Cette distinction est tellement importante qu’elle entraîne des taux de TVA différents pour le produit soumis au taux réduit, et les facturations de services qui y seraient relatives. En outre, il est évident que l’imputation produit par produit d’une facturation de catalogue publicitaire qui en comporte des centaine, est impossible, et si elle l’était serait pratiquement incontrôlable. Il est amusant de noter que ME Leclerc ne veut pas majorer le prix d’achat d’éléments venant du prix de revient, ce qui serait rationnel, mais veut en déduire des éléments de frais généraux, ce qui ne l’est pas.

Tout ceci ne devrait inciter personne à modifier la loi Galland, mais ce que veut M.E. Leclerc, c’est pouvoir clamer urbi et orbi qu’il vend moins cher que d’autres commerçants achètent, ce que la loi Galland l’empêche de faire dans le but de laisser une chance à la concurrence d’exister.

4.10.04

Incohérence

Les hôpitaux de l’Assistance Publique emploient des milliers de médecins et chirurgiens étrangers ; ils ont aussi « importé » des infirmières espagnoles pour réduire le déficit de 80000 infirmières créé par l’instauration des 35 heures ; on nous rappelle à chaque rentrée que faute de professeurs titulaires, on a recours à des vacataires étrangers.

Or, la mondialisation entraîne la délocalisation des emplois industriels les moins qualifiés, perte que l’on doit compenser par le développement d’emplois qualifiés non délocalisables. Ces emplois se situent, pour ce qui nous intéresse ici, dans le secteur de la santé, et de l’enseignement, mais également dans la sécurité et la maintenance. Il y a donc une incohérence manifeste dans les recours massifs à de la main d’œuvre étrangère (hors UE) qualifiée pour remplir des fonctions non délocalisables.

Les causes de cette incohérence sont les suivantes :
- les médecins étrangers constituent un expédient pour faire baisser les dépenses, expédient qui devient une nécessité quand le recrutement de médecins nationaux devient impossible parce que une bureaucratie irresponsable a réduit le nombre de médecins formés par le système dans le but de réduire les dépenses de la couverture maladie: magistrale erreur de prévision.
- Les infirmières étrangères résultent d’un besoin nouveau, fortuitement apparu suite à une « avancée sociale » elle-même subrepticement appliquée à la fonction publique initialement exclue du bénéfice de la loi sur les 35 heures (à juste titre, et en particulier pour ses conséquences dévastatrices sur l’hôpital). En supposant qu’il faille néanmoins l’appliquer à l’hôpital, rien n’empêchait de lancer un programme de formation d’urgence, et de la mettre en vigueur progressivement. Dans cet exemple, la faute ne réside plus dans une erreur de prévision mais dans une absence de prévision, le plaisir immédiat des promoteurs de la réforme rendant inutile toute anticipation de ses conséquences néfastes.
- Le cas des professeurs vacataires étrangers est moins clair, comme tout ce qui concerne l’Education nationale : politique syndicale, malaise du mammouth, errements bureaucratiques, difficile à dire. Quoiqu’il en soit, il s’agit aussi d’une incohérence avec une politique rationnelle de l’emploi en France.

Il semblerait donc que notre cher et vieux pays, dont le moins que l’on puisse dire n’est pas qu’il est sous-administré, manque d’un niveau de contrôle portant sur la cohérence des actions du gouvernement et des administrations ; on aurait pu penser que le Plan était le lieu idéal de ce contrôle, mais il a perdu son prestige et son autorité ; ce pourrait être une des principales responsabilité du Premier Ministre, mais c’est un problème secondaire pour un homme politique, fort satisfait de lui-même quand il a pu ne pas se contredire pendant une heure entière. Alors il reste le président …

Tant pis pour la cohérence … , peut-être en 2007...