23.5.08
Le retour du protectionnisme?
16.5.08
Pourquoi y a-t-il moins de grèves dans le secteur privé que dans le secteur public ?
13.5.08
Les fonctionnaires et les effectifs de fonctionnaires
Dans un régime démocratique on s’attend donc à ce que toutes les décisions de dépenses de l’État et parmi celles-ci l’engagement des fonctionnaires qui le servent, soient prises par les élus du peuple. C’est d’ailleurs ce qui se passe pour les militaires dont l’éthique professionnelle a hérité de l’adage romain selon lequel le pouvoir militaire obéit au pouvoir civil et qui ne se sont jamais permis de manifester d’une manière ou d’une autre, et encore moins par la menace de désordres publics, qu’ils exigeaient une augmentation de leurs effectifs.
Par contre les fonctionnaires civils se croient autorisés, en permanence, non pas à donner leur avis sur la question, ce qui à titre individuel, et en tant que citoyen, est parfaitement légitime, mais aussi en tant que corporation, à exiger des augmentations d’effectif (ou à refuser des diminutions, ce qui revient au même) sous la menace explicite ou implicite de perturber la vie publique et de nuire à la vie quotidienne des citoyens, ce qui ne l’est pas. Ces menaces reflètent en effet une capacité de nuisance considérables par la détérioration partielle et parfois complète des services publics, cause première de l’existence des fonctionnaires, ce qui conduit souvent les gouvernements à céder à la menace.
Cette pratique néfaste a causé des conséquences particulièrement sérieuses dans la période récente au cours de laquelle les effectifs de l’État ont continué d’augmenter alors que la décentralisation transférait de plus en plus de tâches aux régions ; il y a là une des raisons, et pas la moindre, de la situation désastreuse des finances publiques.
On voit que le droit de grève n’est pas, ou ne devrait pas, être concerné par un tel sujet ; il est en effet possible de défendre les intérêts actuels et futurs des salariés faisant grève, sans pour cela décider de sujets qui sont de la responsabilité exclusive des détenteurs légitime du pouvoir, les électeurs. L’argument selon lequel ces exigences d’augmentation des effectifs seraient uniquement motivées par les conditions de travail et/ou la qualité des services publics, il n’est pas recevable au motif que le premier est parfaitement traité par les pouvoirs actuels des instances représentatives du personnel et des institutions comme la médecine du travail et les autorités d’inspection en vigueur. Quant aux diminutions des effectifs budgétés tant qu’elles n’entraînent pas de licenciement secs elles ne nuisent pas au personnel en place qui bénéficie de toute façon du statut de la fonction publique.Dans l’intérêt de la vie démocratique, il serait donc souhaitable que les fonctionnaires cessent, en tant que corporation, de placer les effectifs dans leurs revendications, afin que ce sujet de grande importance retrouve la place qu’il mérite dans le débat public, sans être entaché des préjugés sur les fonctionnaires, ni des préjugés des fonctionnaires sur eux-mêmes
7.5.08
Partager des ressources rares
La crise alimentaire va nous amener plus vite que prévu à réfléchir à la répartition des ressources au niveau mondial. Le plus simple, car les prix administrés ont trop d'inconvénients, est que les prix reflètent la rareté des produits, car c'est ce qui permet le mieux la réaction la plus efficace des systèmes de production. A noter que, de cette manière, les prix intègrent aussi les obligations nouvelles liées au climat, à l'eau, etc. Cela suppose que les pays sous-développés ou en développement disposent des ressources financières pour payer les importations. La logique de la répartition de ressources limitées c’est que tous les habitants de la planète aient les mêmes droits de propriété sur chacune des ressources, quelque soit l’endroit où elle se trouve, alors que dans un monde infini (ou considéré comme tel) où il était possible de découvrir de nouvelles terres que les aventuriers n’imaginaient pas dépourvues de richesses, on se partageait les terres ainsi que ce qui était dessous. Cependant, on avait rapidement compris que le droit de propriété individuel sur la terre ne comprenait ni ce qui était sous la surface, ni ce qui dépassait ce qu’on était en droit de construire, et donc que ces deux dimensions étaient une propriété collective. Maintenant, les ressources se révélant limitées soit parce qu’elles sont irremplaçables, soit parce que les moyens de les produire (sols arables, eau, conditions climatiques) ont des limitations, la propriété collective d’une population nationale, devient la propriété collective de la population mondiale. Il faut se demander comment on peut procéder au partage des ressources non renouvelables. Il est évident que le partage physique, même si en cas d’extrême rareté il ne devrait pas être exclu, n’est pas une solution pratique ni souhaitable pour les PSD et tous les PEVD, et qu’il faudrait au moins partager la rente qu’en retire le détenteur géographique. On voit les difficultés qui résulteraient de l’application d’une telle solution, mais « quoi d’autre ? ».
L’actualité internationale nous apporte une réponse, certes partielle, mais intéressante si des intérêts nationaux n’étaient pas en train de l’éliminer ; il s’agit des richesse contenues dans le sous-sol des mers arctiques, au-delà des limites actuelles internationalement reconnues, et dans d’autres mers pour des motifs géologiques inventés pour l’occasion (prolongement du plateau continental). L’opinion ne manifeste pas encore son intérêt pour ce sujet, probablement car les richesses qui motivent cette réforme sont à de grandes profondeur, très difficiles à extraire, ce qui cependant les laisse suffisamment attractives pour susciter cette action. Or il s’agit de richesses non renouvelables, énergie et métaux, sur lesquelles aucune nation ne possède de droits historiques ou légaux, et qui pourraient donc être les premiers actifs d’une coopérative mondiale détenant l’exclusivité de l’exploitation de ces gisements.
La simple existence de cette coopérative mondiale, serait-elle future, exercerait une influence certaine sur l’évolution du marché de ces produits, ce qui est de la plus grande importance. En effet on peut tout craindre de l’évolution du commerce de biens dont la disponibilité est limitée ; les règles du libre échange ne fonctionneront plus ; le prix ne sera plus fait par le marché, mais par le rapport inégal entre celui qui a un besoin impératif d’un bien donné et celui qui dispose de ce bien et est prêt à le vendre au plus offrant ou à d’autres conditions, pas forcément monétaires (alliance militaire, assistance technique, etc.). De plus, un changement de paradigme sur le marché des matières premières, ne tardera pas à transférer ses effets sur les autres marchés, sans aucune exception. Même en étant optimiste sur les aptitudes humaines à s’adapter au changement, nul ne peut évaluer l’ampleur des bouleversement qui en résulteraient sur les échanges mondiaux. C’est pourquoi, la création de cette coopérative de production mondiale est une des toutes dernières chances de freiner ces bouleversements.
Qu’est-ce que la spéculation sur les matières premières ?
On dit qu’il s’agit d’un marché à terme, parce que les transactions portent sur des biens qui n’existent pas encore, mais qui seront disponibles, après récolte ou fabrication, à une certaine échéance.
Prenons l’exemple du Blé sur le marché de Londres. C’est là que se négocie le blé européen dont la récolte annuelle est de l’ordre de 125 millions de tonnes, en deux qualités, le blé meunier et le blé fourrager. Les échéances annuelles sont les suivantes : janvier, mars, mai, juillet et novembre, et le marché cote le blé sur 8 échéances, c'est-à-dire qu’aujourd’hui on peut faire des transactions aux échéances de mai 2008, juillet, novembre, janvier 2009, mars, mai, juillet et novembre.
L’unité de transaction s’appelle un contrat et porte sur 50 tonnes. Pour un cours de 200€ la tonne, un contrat représente donc 10000€ ; il faudra, pour être admis à le souscrire, faire un dépôt de garantie de 10% ou davantage. Chaque jour la bourse calcule l’effet de la variation des cours sur votre contrat, et vous réclame un supplément de garantie (l’appel de marge), ou vous verse un bénéfice provisoire.
Le vendredi 25 avril 2008, il y a eu 3737 contrats négociés sur le blé meunier, amenant l’encours total à 73390 contrats, représentants 3,7 millions de tonnes de blé meunier, à quoi on peut ajouter 0.6 millions de tonnes de blé fourrager, soit 4.3 millions de tonnes sur une production annuelle de l’Europe de 125 millions de tonnes. A noter que 3.4 millions de tonnes sur les 4.3, soit 80%, portent sur une seule échéance, celle de novembre 2008.
On admettra aisément que sur cette quantité modeste à l’échelle de l’Europe, un partie non négligeable concerne les agriculteurs (en fait des coopératives spécialisées) cédant leur production à des industriels de l’alimentaire qui en auront besoin de manière certaine.
Alors quelle est la part de la spéculation sur le marché du blé européen ?
On vient de voir l’utilisation du marché à terme par les acteurs pour lesquels le terme a des conséquences concrètes ; ils veulent réellement céder physiquement les produits pour les uns et les faire rentrer dans leurs usines pour les autres, à la même date.
Maintenant appliquons les règles des marchés à terme à la description de la spéculation faite plus haut : « il suffit d’acquérir de grandes quantités de titres ». Il y a deux cas à considérer : soit la récolte future n’est pas encore vendue, soit elle est déjà vendue. Dans le premier cas, le spéculateur est certain de pouvoir livrer le blé à l’échéance, il a simplement créé une demande solvable qui n’existait pas, et s’il en apparaît une autre il pourra sans doute lui vendre avec profit. Cependant, si elle n’apparaissait pas, ou si elle apparaissait à un prix inférieur à ce qu’il souhaite, il perdra de l’argent, et si elle n’apparaît pas, il se retrouvera avec des tonnes de blé qu’il faut liquider dans un entrepôt qu’il faudra payer. Dans le deuxième cas, il doit trouver une contrepartie à son achat, et en l’absence de producteur, il va trouver un spéculateur jouant sur la baisse des cours. Et il ne pourra gagner qu’en vendant à un autre spéculateur jouant sur une hausse des cours encore plus forte que celle sur laquelle il a lui-même spéculé, et il faut le trouver avant l’échéance.
Tout cela est possible, mais associé à de grands risques. C’est quoi les grandes quantités ? Un millième de la production mondiale (600000 tonnes) demande un dépôt de garantie de 12 millions € (*) avec un risque supérieur.
Le véritable problème se situe sur les points faibles exploités par les spéculateurs, et non par la vente à terme elle-même :
- l’effet de levier offert par des dépôts de garantie insuffisants ; lse bourses le connaissent bien puisqu’en cas de variation trop rapide des cours elles les augmentent comme l’a fait récemment la bourse de Chicago, sur le blé ;
- la spéculation à la baisse des actions rendues possibles par le prêt de titres fait par des détenteurs institutionnels (assurances, fonds de pension, etc.)
- le prêt d’or fait par des banques centrales permettant à des mines de pratiquer des ventes à découvert qui ont bouleversé le marché de l’or pendant des années.
- les prêts consentis aux hedge-funds pour fabriquer des effets de levier astronomiques
(*) Le chiffre de 12 millions fixait l’ordre de grandeur des capitaux nécessaires et des risques relatifs. Il permet de se rendre compte des montants en jeux dans la spéculation sur le blé sur marché de Londres dont on a vu plus haut que l’en-cours s’élevait à 4.3 millions de tonnes ; les capitaux mobilisés s’élèvent à 86 millions à la date du 25 avril, montant qui ne semble pas de nature à attirer tous les Jérôme Kerviel de la terre.
Je reste donc convaincu que les prix actuels n’auraient pas connu les variations que l’on a constatées si la demande ne s’était pas significativement accrue, ce qu'elle a fait.
25.4.08
Le MoDem et la lisibilité
L’idée qu’un nouveau parti pourrait s’affranchir des étiquettes conventionnelles et proposer aux électeurs une nouvelle vision de la politique fut immédiatement jugée comme une menace par les acteurs bien établis de la vie politique nationale. Les partis en premier virent dans ce nouveau participant, non seulement un concurrent, mais une menace envers leur conception sclérosée de la politique ; les journalistes redoutèrent une complexité nouvelle qui allait rendre plus difficile leur tâche d’information et d’explication ; et les intellectuels eurent à analyser et prévoir l’issue de cette initiative qui menaçait la validité de leurs schémas habituels. Mais ceux qui réagirent le plus vivement furent les hommes politiques les plus proches de FB qui n’acceptèrent pas les risques associés à cette nouveauté et partirent vers l’univers qu’ils connaissaient, celui des étiquettes si simples à comprendre.
Alors commença une épreuve qui n’est pas encore terminée, et qui a consisté à tenter de vider de sens le projet de FB. Le procédé est simple ; on n’a pas entendu les explications sur la politique autrement, et on pose sans arrêt une question dénuée de sens : « dans l’espace politique gauche-droite, où se situe le MoDem ? » , question démultipliée à l’infini chaque mois que le MoDem entre en contact avec un interlocuteur ou un objet de l’univers gauche-droite. C’est ainsi que le concept l’illisibilité du MoDem a été créé. On regrette d’ailleurs que cela ait été aggravé par les adhérents du MoDem eux-mêmes, qui, dans leur soif de trouver une réponse facile à la question naturelle des électeurs : « c’est quoi, le MoDem ?», véhiculent à l’intérieur du parti le regret qu’il soit difficile à décrire.
A ce stade, on est en droit de se demander comment 50000 personnes ont pu se laisser convaincre aussi facilement d’adhérer au MoDem s’il est si peu lisible, sans parler des sept millions d’électeurs qui on voté pour FB à la présidentielle. S’agissant des adhérents, ils ont souvent, et un peu partout, exprimé les raisons pour lesquelles ils ont adhéré, c'est-à-dire ce qu’était pour eux la lisibilité parfaite du projet de FB (quand ce n’était qu’un projet). A la question « c’est quoi le MoDem ? », ne suffit-il donc pas de répondre les raisons qui ont incité les 50000 à adhérer ?
Mais cela n’est évidemment pas suffisant, et il faut ensuite répondre à la question : « ça fait quoi le MoDem ? ».
12.4.08
Leclerc lance une pétition
D’après lui, le déremboursement a entraîné des augmentations de prix abusives de 20% pour la première salve et de 36% pour la seconde. L’argument est évidemment que l’industrie pharmaceutique et les officines ont profité de leur monopole pour exploiter les consommateurs.
Que s’est-il vraiment passé ?
Le prix de vente et les marges (de l’industrie et de la distribution – grossistes répartiteurs et officines) de toutes les spécialités pharmaceutiques remboursées par la SS sont fixés par l’Administration. Les produits déremboursés étaient des produits anciens dont les prix n’avaient par été réévalués depuis de très nombreuses années ; ils étaient encore fabriqués, simplement parce que le remboursement en soutenait la consommation et donc les séries économiques de fabrication.
Le déremboursement entraîne naturellement une chute brutale de la consommation de ces spécialités dont les séries de fabrication deviennent beaucoup plus coûteuses ; le prix de revient augmentant, le prix de vente augmente aussi et parfois dans de grandes proportion. Notons au passage que les médecins, sous la pression des malades auront parfois, non pas supprimé cette spécialité de leurs ordonnances mais l’auront remplacée par une spécialité plus récente et plus coûteuse, effet pervers bien connu des prix administrés qui annule l’effet attendu de la réforme, et parfois l’inverse.
Alors que va offrir vraiment Leclerc ?
Comme d’habitude la grande distribution va probablement vendre sans marge dans l’îlot de perte que sera le rayon des spécialités sans ordonnances, car l’océan de profit de ses autres rayons lui permet cette politique détruisant toute concurrence. Et les officines dont la marge moyenne n’est pas supérieure à celle de Leclerc vont perdre un rayon qui contribuait à leur fonctionnement.
Les consommateurs ont-ils enfin compris que la satisfaction à court terme de prix prétendument cassés voire pulvérisés leur a causé au cours des 20 dernières années de graves mécompte sur le plan de l’emploi ; l’apparente séduction des promesses de Leclerc constitue une menace sur le niveau de service et de sécurité auquel ils avaient normalement accès dans la distribution du médicament.
10.4.08
Taxer les carburants pour l'aviation
D'autre part, nos importations de ces produits, ou du pétrole permettant de les obtenir, en seraient opportunément réduites si les compagnies s'organisaient pour s'approvisionner dans les aéroports de nos voisins qui n'appliqueraient pas cette idée.
L’heure de vérité approche
Fonds de Réserve des Retraites (FRR)
http://www.fondsdereserve.fr/IMG/pdf/Communique_9avril2008.pdf
donne une idée des difficultés de la retraite par capitalisation
En effet, dans une année au cours de laquelle les bourses n’ont pas été trop cruelle, la performance du fonds n’a pas dépassé 4.8%, c'est-à-dire 0.4% de mieux que la performance minimum acceptable (qui correspond au coût de la dette, car le FRR n’est en vérité qu’un emploi de capitaux empruntés !). Cela s’est ensuite fortement détérioré, puisqu’au cours du 1er trimestre 2008 le portefeuille a perdu 9% de sa valeur (3.1 milliards d’euros). Les capitaux disponibles il y a 15 mois sont donc en retard sur leur objectif de l’ordre de 18%. Certes c’est une gestion à long terme, mais le rattrapage même s’il n’est pas impossible, se produira, s’il se produit, selon un calendrier que personne ne peut prétendre maîtriser.
De plus, si on était, comme un fonds de pension « ordinaire », dans la phase de paiement de pensions chaque mois (ou trimestre), les fonds décaissés dans ces conditions boursières ne récupéreront jamais les plus-values perdues, qui devront être récupérées par les capitaux investis, c'est-à-dire que leur objectif de placement à long terme devra être relevé.
Ainsi, si l’objectif actuel du FRR était de 8%, les quinze dernier mois l’aurait porté à 9.5%, ce qui démontre la gravité des aléas auxquels est soumis ce type de placement.
25.11.07
Vous avez dit "priorité"?
Ces problèmes ont été négligés si longtemps qu'ils ont atteint un stade où ils sont reliés entre eux : la question des retraites et des dépenses maladie ne trouve de solution qu'en réduisant davantage le pouvoir d'achat, cette réduction ne faisant qu'aggraver le problème du logement. D'autre part, il n'est pas possible d'augmenter la pression fiscale (par une augmentation de la TVA, seul impôt suffisamment efficace étant donné les besoins, ce qui diminuerait le pouvoir d'achat); on ne peut donc pas non plus supprimer le déficit budgétaire, ce qui entraîne une augmentation de la dette, et l'année suivante une augmentation du déficit, donc à nouveau de la dette selon le cercle infernal dans lequel nous sommes enfermés depuis 1981.
Il est intéressant d'observer que le déficit budgétaire (de l'ordre de €40 milliards) est égal au service de la dette; il est donc arithmétiquement correcte de dire que sans la dette le budget serait équilibré. A cela de grands esprits répondent, avec un dédain qu'ils ne peuvent dissimuler, que la dette est un moyen indispensable pour financer la croissance et les investissements qu'elle requiert.
Cela pourrait être vrai, mais quand on regarde comment les €1100 de notre dette actuelle se sont construits, on découvre avec surprise qu'il s'agit pour plus de la moitié d'intérêts que l'on a été obligés d'emprunter pour pouvoir les payer. Admettons direz-vous, mais les autres €500 milliards ont certainement été dépensés pour des investissements rentables contribuant à la croissance. S'agissant de leur rentabilité, on peut en douter puisqu'ils n'ont jamais été capables de financer seulement les intérèts de la dette qui les justifierait; quant à leur contribution à la croissance, elle n'est pas apparue suffisante au cours des 25 dernières années pour éviter la situation catastrophique d'aujourd'hui.
On peut conclure de tout cela que la question des priorités visant à maîtriser cette situation est devenue cruciale.
Pour l'instant, le moins que l'on puisse dire c'est que ce n'est pas très clair.
7.7.06
GM et l’Alliance Renault-Nissan
Ce sujet ne peut être abordé sans un rappel du caractère original de l’Alliance : une approche nouvelle de la collaboration de deux entreprises industrielles respectant la personnalité,la culture et les marques de chacune. Cela n’a donc aucun rapport avec une fusion qui, même amicale, entraîne la prise du pouvoir absolu par le plus fort, conduisant ainsi fréquemment l’opération à l’échec.
La plupart des commentaires entendus sur le projet de faire entrer GM dans l’Alliance font manifestement référence à une fusion plus qu’à l’Alliance. Il faut se rappeler aussi que R.Wagoner, quand Nissan cherchait un sauveteur, avait rejeté cette possibilité pour GM au motif que tout l’argent qui y serait mis serait perdu ; il pensait Nissan condamnée à disparaître. Bien qu’il ait pu observer que non seulement elle n’a pas disparu mais qu’elle a regagné en peu de temps un niveau de prospérité enviable, il n’a manifestement pas perçu la différence qu’a constitué l’Alliance, comparée à une fusion.
Il n’est pas interdit de penser que D.Kerkorian a, lui, compris le potentiel de l’Alliance, même si ses objectifs personnels sont simplement de faire une plus-value rapide sur son paquet d’actions GM ; l’évolution du cours de Nissan après l’arrivée de Renault a évidemment pu l’inspirer.
Les principales objections soulevées par les commentateurs concernent la période à laquelle ce projet entrerait en application, période qui ne serait pas opportune car Renault vient de lancer un important programme sur trois ans dont la direction de Renault ne devrait pas être distraite, ainsi que le souci que Carlos Ghosn ne se consacre à GM au détriment de Renault et de Nissan. Sur ces sujets, il est raisonnable de penser que C. Ghosn n’a plus à prouver qu’il sait apprécier une situation dont la responsabilité lui a été confiée ; laissons lui donc le soin de décider à quel moment cela pourrait éventuellement être fait sans nuire aux objectifs en cours. On peut penser en particulier que l’équipe de choc de personnel Renault qui a fait l’opération Nissan est maintenant doublée d’une équipe équivalente de personnel Nissan, ce qui donne les moyens nécessaires pour une opération GM.
Si l’on admet que les méthodes qui se sont révélées acceptables pour les Japonais pourraient l’être également par les Américains, il reste deux difficultés à régler avant de commencer toute étude : la participation de Renault et de Nissan au capital de GM, et, last but non least, la sécurité juridique.
L’Alliance n’est pas la fusion, mais toute peine mérite salaire, et il faut qu’un éventuel sauvetage rapporte quelquechose à ceux qui l’ont accompli ; cela signifie que Renault et Nissan doivent avoir des options d’achat permettant de compléter leur participation finale à un chiffre compris entre 40 et 49% . L’image de GM pour l’Amérique rend-elle ceci possible ou non ? De plus, le Congrès qui s’intéresse toujours aux acquisitions étrangères d’entreprises américaines l’accepterait-il ? On peut en douter, au moins tant que la situation laisse espérer une solution différente.
La question de la sécurité juridique se pose toujours aux Etats-Unis, mais maintenant, après l’affaire EXECUTIVE LIFE, elle constitue, particulièrement dans le cas de sauvetage, un risque dissuasif. En effet, pourquoi consentir d’énormes efforts avec l’assentiment de toutes les parties administratives et politiques, s’il est toujours possible dix ans après d’être poursuivi et contraint d’accepter des compromis ruineux par un système juridique hors de contrôle ?
L’issue de cette affaire dépend évidemment de l’état réel de GM, sachant que le management en place attendra jusqu’au bout l’aide de l’état fédéral dont il pense qu’il ne laissera pas mourir une telle icône de l’industrie américaine.
5.4.06
TOCQUEVILLE AVAIT PREVU CHIRAC
Dans le Bondy Blog, un lecteur rappelait l’admirable description de la France faite par Tocqueville, et qui semble encore si fidèle aujourd’hui :
« Quand je considère cette nation en elle-même, je la trouve plus extraordinaire qu'aucun des événements de son histoire. En a-t-il jamais paru sur la terre une seule qui fut si remplie de contrastes et si extrême dans chacun de ses actes, plus conduite par des sensations, moins par des principes ; faisant toujours plus mal ou mieux qu'on ne s'y attendait, tantôt au-dessous du niveau commun de l'humanité, tantôt fort au-dessus ; un peuple tellement inaltérable dans ses principaux instincts qu'on le reconnaît encore dans des portraits qui ont été faits de lui il y a deux ou trois mille ans, et en même temps tellement mobile dans ses pensées journalières et dans ses goûts qu'il finit par se devenir un spectacle inattendu à lui-même, et demeure souvent aussi surpris que les étrangers à la vue de ce qu'il vient de faire ; le plus casanier et le plus routinier de tous quand on l'abandonne à lui-même, et lorsqu'une fois qu'on l'a arraché malgré lui à son logis et à ses habitudes, prêt à pousser jusqu'au bout du monde et à tout oser ; indocile par tempérament, et s'accommodant toutefois de l'empire arbitraire et même violent d'un prince que du gouvernement régulier et libre des principaux citoyens ; aujourd'hui l'ennemi déclaré de toute obéissance, demain mettant à servir une sorte de passion que les nations les mieux douées pour la servitude ne peuvent atteindre ; conduit par un fil tant que personne ne résiste, ingouvernable dès que l'exemple de la résistance est donné quelque part ; trompant toujours ainsi ses maîtres, qui le craignent ou trop ou trop peu ; jamais si libre qu'il faille désespérer de l'asservir, ni si asservi qu'il ne puisse encore briser le joug ; apte à tout mais n'excellent que dans la guerre ; adorateur du hasard, de la force, du succès, de l'éclat et du bruit, plus que de la vrai gloire ; plus capable d'héroïsme que de vertu, de génie que de bon sens, propre à concevoir d'immenses desseins plutôt qu'à parachever de grandes entreprises ; la plus brillante et la plus dangereuse des nations de l'Europe, et la mieux faite pour y devenir tour à tour un objet d'admiration, de haine, de pitié, de terreur, mais jamais d'indifférence ? »
Il suffit de retirer quelques mots, et d’en changer quelques autres, pour faire de ce texte superbe un portrait de Chirac fort ressemblant.
« Quand je considère cette [personne] en elle-même, je la trouve plus extraordinaire qu'aucun des événements de son histoire. En a-t-il jamais paru sur la terre une seule qui fut si remplie de contrastes et si extrême dans chacun de ses actes, plus conduite par des sensations, moins par des principes ; faisant toujours plus mal qu'on ne s'y attendait au-dessous du niveau commun de l'humanité; un être tellement inaltérable dans ses principaux instincts qu'on le reconnaît encore dans des portraits qui ont été faits de lui il y a [trente] ans, et en même temps tellement mobile dans ses pensées journalières et dans ses goûts qu'il finit par se devenir un spectacle inattendu à lui-même, et demeure souvent aussi surpris que les étrangers à la vue de ce qu'il vient de faire ; le plus casanier et le plus routinier de tous quand on l'abandonne à lui-même, et lorsqu'une fois qu'on l'a arraché malgré lui à son logis et à ses habitudes, prêt à pousser jusqu'au bout du monde et à tout oser ; indocile par tempérament, et s'accommodant toutefois de l'empire arbitraire et même violent d'un prince que du gouvernement régulier et libre des principaux citoyens ; aujourd'hui l'ennemi déclaré de toute obéissance, demain mettant à servir une sorte de passion que les nations les mieux douées pour la servitude ne peuvent atteindre ; conduit par un fil tant que personne ne résiste, ingouvernable dès que l'exemple de la résistance est donné quelque part ; trompant toujours ainsi ses maîtres, qui le craignent ou trop ou trop peu ; jamais si libre qu'il faille désespérer de l'asservir, ni si asservi qu'il ne puisse encore briser le joug ; apte à tout mais n'excellent que dans la [politique la plus médiocre] ; adorateur du hasard, de la force, du succès, de l'éclat et du bruit, plus que de la vrai gloire ; plus capable d'[erreur] que de vertu, de [culot] que de bon sens, propre à concevoir d'immenses [abus] plutôt qu'à parachever de grandes entreprises ; la plus [bizarre] et la plus dangereuse des [personnalités] de l'Europe, et la mieux faite pour y devenir tour à tour un objet [de scandale], de haine, de pitié, de terreur, mais jamais d'indifférence ? »
10.3.06
CV anonyme
En voilà une bonne idée !
En pratique c’est simple : on va créer d’urgence un service public d’anonymisation des CV qui remplira les fonctions suivantes :
- Surlignage au feutre noir (ou préférablement découpe quand c’est possible) des nom, prénoms, date de naissance, lieu de naissance, nationalité, année d’obtention des diplômes, nom des facultés ou écoles où les diplômes ont été obtenus, les noms des entreprises où de précédents emplois ont été tenus, et si nécessaire toute mention pouvant révéler des sentiments ou opinions susceptibles de susciter des réactions discriminatoires ;
- Vérification de la réalité des diplômes
- Eventuellement consultation du casier judiciaire
- Transmission à l’employeur potentiel
- Sur décision de l’employeur potentiel, envoi d’une convocation pour préparation à l’entretien d’embauche
- Préparation à l’entretien d’embauche, c'est-à-dire mise d’un masque facial et d’un habit dissimulant la couleur, le sexe et toute autre caractéristique utilisées par les employeurs potentiels comme critères de rejet de candidature
Le coût de ces prestations sera facturé en fonction du nombre de CV anonymisés et des préparations à l’entretien d’embauche.
Lors de l’entretien d’embauche, l’employeur potentiel s’exprimera oralement dans un langage simple pouvant être compris partout, y compris dans le 93, et le candidat répondra exclusivement par écrit, afin que son accent, s’il diffère de celui de la Touraine, ne puisse être entendu.
Ce n’est donc pas si compliqué que cela, et il faudrait la franche mauvaise fois des employeurs potentiels pour prétendre le contraire. Mais on peu aller beaucoup plus loin. Par exemple avec le bulletin de paie anonyme. Car si le candidat est anonyme, l’employé peut et même devrait, le rester afin d’éviter le favoritisme et son contraire qui apparaissent nécessairement quand on sait à qui on s’adresse ou qui s’adresse à vous. L’anonymat est trop souvent décrit sous les apparences de la dénonciation aux autorités, ou du refus de responsabilité des guichetiers et autres bureaucrates. Il faut évidemment d’évidentes qualités pour se présenter sans nom à quelqu’un avec qui on voudrait signer un contrat, c'est-à-dire un acte par lequel les deux parties prennent des engagements ; comment prendre des engagements avec quelqu’un qui n’a pas de nom, ou ne veut pas me le communiquer. Evidemment, il faudrait que l’employeur soit également anonyme, et je doute que cela leur convienne.
Il va arriver ce que l’on peut espérer et que le bon sens commande : certains candidats vont refuser une procédure stupide et vont envoyer des CV identifiés. Parmi ceux-ci il y aura aussi ceux que l’on prétend protéger et qui auront vite compris qu’en refusant l’anonymat ils démontrent mieux que par un long discours leur vrai valeur. J’ose espérer que le droit d’envoyer de vrai CV leur sera reconnu.
17.2.06
Boycott
Quand on dit quelque chose qui déplait à un interlocuteur qui est aussi un client, il arrive qu’il cesse d’être votre client, particulièrement s’il peut facilement trouver le même produit ou un produit équivalent à des conditions peu différentes. C’est d’ailleurs pour cette raison que les commerçants expérimentés évitent soigneusement les sujets qui fâchent.
Mais il y a dans les pays exportateurs des gens qui n’ont pas la moindre idée des règles qui régissent depuis toujours le fonctionnement du commerce. Par exemple, en 2002, un pays exportateur de vins fins et de cognac vers un grand pays très riche, causa à ce dernier une sérieuse contrariété en déclarant publiquement que le projet d’aller envahir un pays nommé I..K n’était pas raisonnable. C’était évidemment une grosse bêtise (commerciale, parce que en fait c’était un très bon conseil), et les habitants du dit grand pays très riche lancèrent un boycott féroce dont les viticulteurs du pays exportateur ne se sont pas encore remis.
10.1.06
Faire le bonheur des fonctionnaires
Les fonctionnaires ont des soucis ; non pas en raison du grand nombre d’entre eux qui va partir prochainement en retraite, mais parce que leurs ennemis, qui non seulement n’ont pas pu réduire leur nombre mais se sont montrés incapables d’empêcher leur foule d’augmenter, font campagne pour au moins interdire leur remplacement.
Or, imaginez un peu la tristesse qui s’abat sur la vie d’un fonctionnaire lorsque son voisin de bureau part en retraite ; on a beau être content pour son collègue qui voit se réaliser l’idéal pour lequel il s’était engagé en entrant dans le service public (à ne pas confondre avec le service du public, concept distinct et sans aucun intérêt), il ressent à plein l’ennui de sa condition qu’il ne peut plus désormais partager. Dans le pire des cas, le chef de service peut même lui demander de traiter un dossier qui était auparavant à la charge de son collègue, ce qui constitue évidemment un abus de droit qu’il faudra d’urgence soumettre au syndicat qui pourra peut-être en faire un motif de grève. Mais le plus souvent, ces extrémités sont épargnées, car il y avait un bon moment que le cher collègue n’en fichait plus une rame. Ce sont donc des raisons morales, pour ne pas dire sentimentales, qui rendent nécessaire le remplacement des départs en retraite.
A cela les ennemis sans scrupules, ne respectant ni la morale ni les sentiments, opposent les nécessités financières qui exigeraient que moins de fonctionnaires se dévouassent sans compter au bien de la nation ; ils veulent bien qu’ils se dévouent, mais en comptant.
Cela aurait pu dégénérer en violent conflit entre les fonctionnaires et leurs ennemis, si le Président de tous les Français n’avait proposé une solution que Saint Louis n’aurait pas désavouée : pour consoler les fonctionnaires qui ne partent pas en retraite de la perte cruelle de leurs amis et collègues de bureau, et pour tenir compte du fait que les souffrances résultant de la perte cruelle en question ne cesseront jamais, il leur sera versé jusqu’à leur retraite à eux une indemnité égale à 50% des sommes économisées par le non remplacement des départs en retraite.
Fort heureusement, le revenu des fonctionnaires en retraite est payé par l’état, comme celui des fonctionnaires en activité ; les départs en retraite ne font donc pas faire une économie qui pourrait être partagée. La seule diminution des charges de l’état vient du décès des retraités ; et comme il y en aura beaucoup moins que de nouveaux retraités, les charges de retraites de l’état vont augmenter. Pour que l’ensemble se stabilise, il faudrait que les recrutements soient équivalents aux décès.
7.1.06
Observations sur la dette de l'Etat
On trouve sur le site de l’Agence France Trésor des informations indispensables à la compréhension des problèmes posés par la dette de l’Etat, et à une écoute critique les commentaires qu’elle a attirés récemment.
Par exemple un « expert » désireux de rassurer le public sur les conséquences de la création de la dette sur les générations à venir, affirmait que ces générations ne souffriraient pas d’avoir à la rembourser car elles auraient hérité des titres émis en contrepartie. Cela serait vrai si ceux qui rembourseront la dette (collectivement) étaient aussi ceux qui détiendront les titres (collectivement). Or, selon l’Agence France Trésor, 55% des obligations émises par l’Etat sont détenues par des non-résidents ; cela a deux conséquences et pose deux questions.
La première conséquence est évidemment que les générations futures auront à rembourser les obligations d’Etat détenues par les non-résidents ; il ne peut donc être nié que l’attitude irresponsable de la génération au pouvoir depuis 25 ans (de gauche ET de droite) aura effectivement pour résultat d’obliger ses enfants à rembourser les emprunts qu’elle a faits à l’étranger.
La seconde conséquence concerne tous les Français, présents et futurs ; le fait que 55% de la dette soit détenue par des non-résidents signifie qu’ils encaissent 55% des intérêts. Cela est d’une extrême gravité. En effet, si 100% de la dette était entre des mains françaises, les intérêts leur reviendraient en totalité, et on pourrait dire que finalement « ça ne sort pas de la famille ». Mais les intérêts annuels versés aux non-résidents représentent 23 milliards d’euros qui sont, et seront, prélevés sur les revenus des Français ; cette somme est considérable ; elle représente par exemple 15000€ pour 1500000 personnes, ou 1293€ pour chacun des 17790012 foyers fiscaux imposables. Cela aussi « sort de la famille », et tous les ans. Incidemment, il faut noter que la part détenue par les non résidents serait passée, entre octobre 2004 et octobre 2005, de 52 à 55%. Ce pourcentage concernant la totalité de la dette, cela voudrait dire que les emprunts émis durant cette période auraient été souscrit à 80% par des non résidents.
La première question, posée par l’évidente appétence des non-résidents pour les emprunts d’état français (mais cela doit se vérifier également pour les emprunts d’état de toutes les grandes nations), est la suivante : qui sont ces non-résidents ? Et plus précisément, quelles sont les mesures permettant de s’assurer que les emprunts d’état ne constituent pas le placement idéal de l’argent sale ?
La seconde question porte sur l’influence qu’a pu avoir l’évolution des taux d’intérêts à la baisse sur la tentation à laquelle les gouvernements n’ont pas résisté de voir l’emprunt comme un moyen peu coûteux de résoudre tous les problèmes (et de distribuer tous les plaisirs), et corrélativement si la détestation manifestée par les politiques pour toute augmentation des taux de la banque centrale ne trouve pas son origine dans la facilité résultant de bas taux d’intérêt.
6.1.06
Faire le bonheur du peuple
Malheureusement arriva une époque où l’indice de la construction, après quelques années d’évolution très modérée connut quelques années de rattrapage. Rapidement quelques bons esprit désireux de restaurer le bonheur du peuple à un niveau où leur nom pourrait être attaché, commencèrent à évoquer l’urgente nécessité de remplacer l’indexation sur l’indice de la construction, manifestement perverse, par une indexation plus équitable sur une autre indice à créer. Ce qui fut dit fut fait, et le nouvel indice est un cocktail comprenant trois parts de l’indice des prix à la consommation, une part de l’indice des coûts des travaux d’entretien et d’amélioration, et une part de l’indice du coût de la construction.
La première application de cette intéressante innovation est la suivante : pour le 2ème trimestre 2005 la variation annuelle s’élève à 2.64%. Pour la même période, la variation de l’indice du coût de la construction est de 0.71%. Voilà donc un nouvel instrument d’amélioration du bonheur du peuple qui permet d’augmenter ses loyers plus que l’ancien. Comme dirait l’autre : C’est l’intention qui compte !
16.4.05
Engagement personnel
Quelle n’a pas été notre surprise d’entendre le même Premier Ministre annoncer deux mois plus tard que la baisse n’aurait pas lieu cette année, en omettant toute référence à son engagement personnel. Faut-il en conclure que pour certains hommes politiques (voire l’ensemble) l’expression « engagement personnel » serait synonyme de promesse électorale dont chacun sait qu’elles n’engagent jamais celui qui les prononce ; utilisé en dehors des périodes électorales, l’engagement personnel serait donc un engagement qui n’engage pas, et même probablement pas du tout.
Nous souhaitons observer prochainement l’usage de l’expression « engagement personnel » dans la conclusion d’une promesse électorale.
1.4.05
World Bank
The new President, in an attempt to convince all countries funding the Word Bank of his pure intentions, will propose soon the inception of an annual prize, titled “Wolf for the poor” with a gift of 25$.